INTERVIEW EXCLUSIVE d’Eva Carmen Jarriau, Directrice du développement des CEPM (Centre Évaluatif Post-Mortem)

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Alors que luttes et grèves contre les réformes des retraites s’intensifient évoquons l’après retraite, avec une spécialiste de la traversée vers la Grande Suite.

1/ Le Conseil National de la Résistance avait préfiguré le système de la Sécurité Sociale pendant la seconde guerre mondiale… La prise en charge post-mortem des français, elle, date de 1914. Ce service public unique au monde fonctionne depuis sans discontinuité…

En effet, la première et deuxième guerre mondiale ont été des vecteurs sans précédents dans la création des CEPM, ils ont été institué grâce à un décret de Raymond Poincaré à la suite de la bataille de la Marne, dévastatrice. Jusqu’à ce moment-là, il y avait certes les décès d’ordre infanto-juvénile qui faisaient des ravages mais jamais autant de décédés en masse que comme pour ces deux guerres. Les décédés étaient livrés à eux-mêmes, souvent dans l’incompréhension d’une mort aussi soudaine, avant d’arriver dans la Grande Suite et cela créait beaucoup trop d’encombrements, voilà comment les CEPM sont nées.

Mais ce n’est pas tout, c’est après la deuxième guerre mondiale, avec le début de l’essor industriel et surtout l’arrivée des Trente Glorieuses et son fameux pic de natalité le baby boom que la Grande Administration décide d’anticiper sur les futurs décédés. Nous vivons actuellement dans une période charnière de la société française car cette génération de baby-boomers ont désormais l’âge d’être des papy-boomers. Et là, il n’est plus du tout question de mort en masse, on assiste à une rectangularisation de la courbe de survie car il n’y a plus de morts massives ou prématurées causées par les guerres ou les épidémies… Tout le monde meurt majoritairement «vieux ». 200 000 personnes, c’est le chiffre de décédés en plus chaque année en France. Cela fait un nombre conséquent de passagers à accompagner pendant chaque traversée au CEPM.

Le CEPM nº7 est le centre recouvrant l’île de France, et il serait franchement de bonne augure d’en ouvrir un deuxième. La Grande Administration ne l’entend pas de cette oreille et préfère envoyer les médiateurs en formations numérique afin de fluidifier les différentes procédures au sein même de la traversée plutôt que de recruter… mais ça c’est une autre histoire.

Site internet du CEPM, un service public de la Grande Administration.

2/ Tout décédé doit remplir un Formulaire Individuel de Recensement Mortem, le fameux « FIRM » : Pourquoi est-ce obligatoire ?

Le FIRM est utile au bon déroulement de la traversée de chaque passager. En effet, certaines données du FIRM, remplis par les passagers, sont utilisés par l’équipe de médiation pour résoudre certains blocages chez les passagers. Ces blocages sont souvent d’ordre inconscient, en effet, beaucoup de passagers arrivent au CEPM avec une quantité de manifestations inconscientes comme les rêves ou les cauchemars qu’ils n’ont jamais vraiment pu interpréter et donc d’une certaine manière, résoudre. Les médiateurs sont là pour y répondre et les retraverser de manière collective.

D’autre part, certains souvenirs de vie chez certains passagers sont douloureux et leur provoquent des remords. Les médiateurs vont retraverser certains souvenirs de passagers afin d’alléger ces préoccupations et se découvrir une Suite plus tranquille.

Les griefs envers certaines personnes encore sur Terre est un sujet de plus en plus présent au sein des traversées. Voilà pourquoi le FIRM est indispensable : il permet aux passagers d’aller vers la Grande Suite dans la plus grande sérénité possible.

3/ La plupart des religions ne s’étendent pas sur les détails pratiques. Ainsi sur le site du Vatican pour une définition de la résurrection de la chair on lit «Comment se fera la résurrection dépasse les capacités de notre imagination et de notre entendement » . Faut-il avoir peur de la Grande Suite ?

La Grande Suite, comme son nom l’indique, est grande. Elle est aussi grande que peut l’être notre cœur et notre acceptation de la mort. Voilà pourquoi le passage au CEPM est si important et représente un moment de transition important pour les passagers. Il représente un temps de réflexion non négligeable au regard de la société dans laquelle nous sommes amenés à vivre. Une société toujours empreinte à l’individualisme et au non dialogue.

Au CEPM, le passager n’est pas seul dans sa démarche; il va vivre la mort collectivement, non seulement accompagné par les médiateurs mais surtout par les autres passagers. Cette traversée va lui permettre d’entrevoir autre chose que la douleur liée à sa propre mort et de prendre de la distance vis-à-vis de son Antécédent, de pouvoir lâcher prise et ouvrir son cœur pour aller de l’avant.
Jusqu’à présent, personne n’est revenu de la Grande Suite car les vérifications palingénésiques réalisées en amont de la traversée permettent aux médiateurs de détecter si le passager doit bien suivre son parcours au sein du CEPM ou au contraire repartir vers son Antécédent, sa vie.

4/ Un de vos outils, le SQDA (Sondage Qualitatif de l’Antécédent) permet aux CEPM d’améliorer les expériences de vie sur Terre ! Comment vos médiateurs très qualifiés arrivent à faire le tri entre faux souvenirs, exagérations, vraies pistes d’amélioration, ou mauvaise foi des passagers ?

Les données récupérées dans le SQDA sont des variables d’ajustement importantes pour notre Antécédent. Ces modifications apportées sont le fruit d’un nombre conséquent de sondages effectués et qui englobent évidemment une quantité de mensonges mais aussi de réponses tout à fait honnêtes, ces réponses et modifications de la vie sur Terre sont à l’image de ceux qui sont passés sur Terre. D’ailleurs, une piste d’amélioration pour l’un est une voie totalement erronée pour l’autre. En quelque sorte, qu’il s’agisse d’une exagération ou de mauvaise foi, les résultats reflètent toute cette subjectivité. C’est d’ailleurs pour cette même raison que les ajustements de l’Antécédent sont invisibles à l’œil nu; sinon la faim dans le monde auraient été éradiquée depuis longtemps…

5/ Avez-vous une anecdote de bureau à partager ?

Une des médiatrices nous cache quelque chose. C’est ce que nous apprendrons lors de la Traversée numéro 186378566.

La Grande Suite, Expérience théâtrale immersive au CEPM n°7

Des traverséees au CEPM n°7, le centre francilien, sont organisées et guidées par une équipe d’employés -les médiateurs- professionnels et engagés, les 20 et 21 décembre 2019 avant reprise en 2020. A partir de 13 ans, durée 1h30. https://www.helloasso.com/associations/compagnie-359-degres/evenements/bienvenue-au-cepm-n-7

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INTERVIEW EXCLUSIVE : J’ai été élève dans une école de Sorceleurs en Pologne !

FacebooktwitterredditpinterestlinkedinmailINTERVIEW EXCLUSIVE DE NATSUKI, Elève de la Witcher School, école de sorceleurs en Pologne, entre Austenland et Poudlard.

Natsuki
Natuski et le fameux médaillon.

Rendez-vous  a été pris très vite avec Natsuki au retour de sa première session. Savoir qu’elle revenait d’une semaine dans une « école de sorciers » ne pouvait que nous intriguer.

Tout a commencé avec la lecture d’une série de livres, La Saga du Sorceleur de l’auteur polonais Andrzej Sapkowski. « Le Tolkien moderne, le Stephen King polonais ! » s’enthousiasme Natsuki.

L’histoire est construite autour du personnage de Geralt de Riv « un mutant qui, grâce à la magie, un mystérieux élixir et à un long entraînement est devenu un meurtrier parfait. Ses cheveux blancs, ses yeux nyctalopes (qui voit dans la pénombre) et son manteau noir effrayent et fascinent. Il parcourt des contrées pittoresques en gagnant sa vie comme chasseur de monstres. En ces temps obscurs, ogres, goules et vampires pullulent, et les magiciens sont des manipulateurs experts. Contre ces menaces, il faut un tueur à gages à la hauteur. Car Geralt est plus qu’un guerrier ou un mage. C’est un Sorceleur ! ».

Un univers déjà adapté en série TV, en film (aux très mauvaises critiques) en BD, en jeux de plateau et en plusieurs jeux vidéos à succès (25 millions de copies vendues) dont voici quelques images du dernier opus :


(c) CD PROJEKT

La communauté de fans est donc internationale et comme pour toutes franchise s’adonne au fanart ou cosplay. Grâce à Natsuki nous savons qu’il existe aussi un jeu de rôle grandeur nature (ou LARP : Live Action Role-Playing Game) immersif en Pologne plusieurs fois par an : la Witcher School.

Natsuki nous confie : « Au début je croyais que c’était une blague, un événement marketing pour le lancement de DLC (extensions de jeux vidéos), puis je me suis inscrite pour une session en Pologne. Il s’agit d’un GN (jeu grandeur nature) sur 3 jours avec une trame mais sans scénarios trop fermés : toutes les paroles échangées sont improvisées ! »

En marche ! vers les monstres

Tout l’aventure se fait en anglais. Nous recevons après avoir payés environ 370 euros une fiche résumant le personnage que nous allons devoir incarner. Avec ses traits de caractères, motivations, qualités, défauts, et ses quêtes à accomplir.

Mercredi soir. Nous sommes un groupe nombreux : 120 participants (d’Allemagne, Sibérie, Etats-Unis…) qui connaissons tous très bien les livres. Nous nous retrouvons à l’aéroport de Wrocław. Un bus nous emmène à 1h30 de la ville, au château de Moszna Castle (construit au XVIIe sc.). Le contexte est très important nous sommes coupés de notre vie quotidienne, quand nous découvrons le château on a un effet « Wahouuuu » : nous allons rester 3 jours dedans, y manger, dormir, se battre.

Moszna

Environ 30 personnes composent le staff de l’équipe sur place. Nous sommes pris en charge par Bartek. L’organisation peut te prêter un costume, certains participants ont déjà apportés les leurs. Nous partageons notre chambre ou pas. Les 120 participants sont divisés en plusieurs groupes de 10/15 personnes entraînés par un « Master ». Exemple de nom de groupe « Les Phoenix ! ». Un accueil nous résume les règles de vie :

– comment rentrer dans la peau de son personnage,

– le système d’In-game / Off-game (toutes les chambres, escaliers de secours sont des espaces où vous pouvez re-devenir vous-même, espaces de pauses indispensables)

– interdiction au téléphone portable pendant les 3 jours. Les participants acceptent avec plaisir, ce ne serait pas très RP ! (Role Play) ou Fair Play 😉

Le Baptême du feu

Nous partageons un festin avec menus vegan, sans gluten etc. (Les participants ayant d’intenses efforts physiques à faire pas de problème de manque d’alcool visiblement).

Photo : Kamil Nowakowski
Photographie : Kamil Nowakowski

« Dès que je termine ce dernier discours vous êtes dans votre personnage » précise l’animateur Bartek. Au son d’une cornemuse nous rentrons dans le jeu : à partir de cet instant nous sommes notre personnage. Nous avons pu choisir au départ 2 niveaux : un rôle 100% actif demandant beaucoup d’improvisation, ou un rôle moins actif. 

J’ai senti comme un halo au moment où 120 personnes devenaient leurs personnages sans dire un mot !

« Tout le monde dans la forêt ! » crie le Master. C’est le lancement d’une chasse aux monstres qui va durer trois jours.

Photo : Kamil Nowakowski
Photographie : Kamil Nowakowski

Une journée et une nuit à la Witcher School

Comme dans une vrai école les participants ont des cours : « de self-défense, d’écriture et fabrication de potions, d’étiquette, de tir à l’arc, de survie en forêt. La prochaine fois j’aimerai suivre les cours de runes anciennes ! » 

Les professeurs imposent le respect, et d’une certaine manière la « peur ». Pour les petits nouveaux tout démarre avec l’épreuve des herbes.

C’est le soir le plus compliqué ! le scénario s’accélère et ton Master te donne ta quête, par exemple récupérer des os dans le cimetière et combattre. La mise en scène est géniale avec effets de fumées, lumières dans la forêt, monstres. Des acteurs ont dû forcément nous attendre dans le froid… Tu peux choisir de tuer ou pas, coups d’épées (en latex) contre coups de griffes. Si tu meurs tu deviens « spectateur ».

Le Dernier Voeu

Samedi soir, c’est la fin de l’aventure. Tout se termine, une petite fête avec les musiciens qui ont composés la musique du jeu vidéo, danses et cracheurs de feux.

Natuski ne voit qu’un seul défaut dans cette immersion, et ça concerne la richesse de l’univers : Parfois nous ne sommes pas au courant des multiples scénarios  annexes (par exemple les « items » de culture elfique à chercher)…

Pour les joueurs qui reviendront à la prochaine session, nous ferons semblant de nous être entraînés pendant 6 mois. Certains ont de vrais entraînements grâce à des cours d’escrimes, d’autres ont un métier proches de leur personnage : le travail du cuir par ex. Nous restons en contact via des groupes Facebook. On se parle en tant que personnage ou pas forcément. La communauté des anciens élèves rassemble des gens adorables. 

Pour rejoindre Natsuki à une prochaine session :

WS

 

Site de l’école : witcherschool.com/en/home/

Facebook de l’école : WitcherSchool/

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Dissection de la 1ère Nuit Noire Nantaise

FacebooktwitterredditpinterestlinkedinmailNuit Noire

Que s’est-il donc passé le samedi 31 octobre à Nantes ? Ce que j’ai vécu est irracontable, ceci est une tentative de mettre des mots sur une Nuit très particulière. Ni Bal des Vampires, ni soirée d’Halloween, une Nuit… noire ! LA Nuit Noire !

« RDV 31 octobre 2015, 18h30 ! Place du Commerce, Nantes ».

C’est par ce mystérieux et lapidaire texto que tout avait commencé. Sans rien savoir de son contenu je réservai une Box. Nantes, la Venise de l’Ouest, patrie de Jules Verne, sa chimère, ses Contes de l’estuaire… ça allait me changer de la vue des zones industrielles chinoises.

Samedi matin. Tiandu Cheng. Chine. 7h

Taxi de Tiandu Cheng (siège du Musée du Fake) à l’aéroport de Hangzhou. Il pleut. Voyage en avion avec quelques turbulences au-dessus de la Corée du Nord comme d’habitude. TGV Paris-Nantes avec descente de douaniers armés; arrêt exceptionnel au Mans pour « prendre en charge des voyageurs en rupture de correspondance »; arrêt brutal pour problème d’aiguillage et enfin portes bloquées à la gare centrale. A priori tout ceci aurait pu être organisé contre moi, j’étais l’un des possesseurs de la fameuse « Box ». Est-ce que les autres invités ont eu le même type de mésaventure ?

Samedi soir. Place du Commerce. Nantes. 18h

30 minutes en avance, des participants attendent sagement. Parmi eux 1 écorché, 1 loup-garou en transformation, 3 vampires. Monsieur Claude, notre Monsieur Loyal, se présente comme un spécialiste des expériences immersives troubles. On allait découvrir plus tard son autre visage.

Bus de la Nuit Noire (Nantes)
Bus de la Nuit Noire (Nantes)

Un bus nommé « Nuit Noire ! ». 18h32

Nous sommes presque une centaine, assis ou pour la plupart debout -sous un éclairage bleuté- dans un bus dont la destination en lettre jaune indique « NUIT NOIRE« . Qu’allait-il se passer ? Des groupes sont constitués avec chacun à sa tête un médiateur. Les deux premiers groupes descendent. Les autres patientent et se retrouvent sur un quai. 18h54 Nous allons embarquer sur l’Iroko, un bateau, pour un dîner spécial tout en teintes automnales (soupe au potiron, risotto à l’encre de seiche noire, sucettes salées puis au chocolat et aux fruits, et café bien noir, indispensable pour tenir jusqu’à 3h du mat’ !).

(Les autres dînent sur la rive mais dans le noir absolu).

Une maison hantée dans la Loire ?
Une maison hantée dans la Loire ?

Maison hantée. 20h17

Le bateau s’immobilise devant une maison à moitié immergé dans l’eau dans laquelle on peut voir une lumière allumée ! Vraiment étrange. Nous écoutons dans un silence glacial un conte radiophonique qui colle parfaitement avec le décor. Il ne manque que la pluie.

(Pendant ce temps un Greeter raconte des histoires de crimes nantais).

Le gardien du Château a trouvé un manuscrit...
Les portes du Château s’ouvrent exceptionnellement…

Le Château du Comte. 22h15

Retour sur terre. Notre chauffeur nous conduit au Château des ducs de Bretagne. Tout notre groupe va dans la cave à la rencontre d’un gardien qui a découvert un mystérieux manuscrit (Dracula, la version de Bram Stoker), il nous en fait la lecture à la lumière de sa lampe torche. Le gardien paraît mal en point, il nous dit qu’il veut changer de métier. On le laisse dans les sous-sols. Retour à la surface pour rejoindre finalement l’obscurité !

(En parallèle un groupe est plongé en 1925 pour chasser le Monstre de Nantes).

« Au clair de pas de Lune ».

Une expérience qui vaut à elle seule la soirée : des non-voyants de l’association Handicapable nous guident pour un parcours à l’aveugle. Nous mettons un masque sur nos yeux et prenons en main une canne. Nous traversons un parking puis allons dans la rue. L’expérience nous paraît très longue : nous n’avons en réalité marché qu’environ 300 mètres pendant 25mn. Immersion dans la vie des non-voyants. Exercice à rendre obligatoire dans les écoles pour comprendre leur vie quotidienne.

(Les autres vivent une expérience immersive avec casque de réalité virtuelle).

Les Monstrueux Ancêtres de Mathilde Lemonnier.
Les Monstrueux Ancêtres de Mathilde Lemonnier.

Autopsie de rongeurs. Dimanche 1er novembre. 00h39

Nous nous rendons en bus près du Bras de la Madeleine, au Parc Malakoff (?). De nuit ce n’était pas clair. Contrairement aux explications de notre médiatrice grâce à qui nous pouvons reconnaître un hibou d’une chouette effraie. Gants bleus en place, nous commençons une dissection de pelote de réjection. A nous d’identifier les os sous le rayon de la lampe frontale de notre guide. On se prend pour des enquêteurs de Bones. De loin les quelques promeneurs doivent se demander qui nous sommes.

(Un autre groupe a rencontré Mathilde Lemonnier qui travaille sur des photos d’ancêtres).

Le cryptozoologue du Muséum.
Le cryptozoologue du Muséum. Au 1er plan ma planche de dissection.

Le cryptozoologue du Muséum. 1h19

Retour dans notre cher bus, qui ne se transformera donc pas en Chat Bus dans les rues nantaises. Vu l’heure et sûrement leur dose de peur certains de nos compagnons nous quittent. Honte à eux. Nous voici devant le Muséum d’Histoire Naturelle de Nantes. Nous patientons en échangeant avec les autres groupes sur nos rencontres de la Nuit. Nous n’avons pas vécu les mêmes parcours. (Je rajoute à mes notes les circuits parallèles entre parenthèses). Un cryptozoologue nous reçoit dans la très belle salle du 1er étage, près du squelette de la Baleine. Il nous déclame un passage d’un livre de Jules Verne. Je laisse ma planche de dissection sur une des vitrines pour faire peur au gardien qui ouvrira le Musée.

(Un autre groupe a voyagé dans le cerveau et le cosmos ! Comment ? mystère non élucidé).

Mister Pig
Mister Pig

Le rituel païen de Monsieur Pig. 2h11 du matin.

Le bus nous conduit sur les rives de la Loire, quai de la Fosse. Notre Monsieur loyal, M. Claude, nous remercie puis revêt un masque et ordonne la venue de Monsieur Pig. Mi-homme mi porc il apparaît au-milieu des bougies et nous donne à la louche le « breuvage de la Nuit Noire ». Présence de gingembre détecté par plusieurs membres de notre assemblée qui se prend au jeu de ce rituel quasi-celtique. Deux nonnes déguisées essayent de s’incruster dans le bus de retour vers la Place du Commerce où tout avait commencé. Quelle Nuit !

Claude, le Monsieur Loyal de la Nuit Noire.
Claude, le Monsieur Loyal de la Nuit Noire.

Rapport de mission

L’étrangeté et l’insolite de cette expérience immersive étaient bien au rendez-vous. Aucune animation ne surfait sur Halloween (ni citrouille ni déco noire & orange) plutôt original dans l’offre de sorties autour du 31 octobre.

Le prix de la Box (49 euros) était raisonnable : rien qu’un dîner sur un bateau + le parcours en aveugle valent déjà cette somme.

Pour la seconde édition les organisateurs assurent plus de fluidité pour ne pas que certains groupes attendent les activités des précédents. Nous comprenons bien qu’en cas de décalage il est difficile de faire patienter les groupes sans dévoiler le reste du parcours.

En attendant d’offrir le même type de parcours à nos visiteurs du Musée du Fake nous surveillons de près les activités d’Arkham sur Loire & de La Souris court toujours en se demandant si tout ceci n’était qu’un rêve…

Sébastien Riché, Directeur du Musée du Fake.Facebooktwitterredditpinterestlinkedinmail

Londres : capitale mondiale des expériences immersives !

FacebooktwitterredditpinterestlinkedinmailLondres

Le Musée du Fake la recherchait depuis des années. Et nous pensions la trouver en Chine. Après plusieurs mois d’enquêtes notre comité d’experts l’annonce officiellement : en 2015 la capitale mondiale des expériences immersives est Londres !

Nous avions quelques indices :

De l’autre côté du miroir et Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll; le fameux Théâtre du Globe de William Shakespeare; les comédiens britanniques Sacha Baron Cohen ou Lee Nelson qui créent et incarnent de véritables personnages persistants; l’émission anglaise « Back in Time » qui replonge une famille actuelle dans les loisirs des années 1950 à 1999; et l’annonce fracassante et prématurée d’une réussite au test de Turing par le chatbot Eugène Goostman

Voici nos preuves, à Londres on trouve :

1) De fréquentes animations liant le réel à l’imaginaire

Platform 9 3/4
Le Prince Charles suit les traces d’Harry Potter !

Au-delà du plus évident, les très nombreuses comédies musicales, le quai 9 3/4 d’Harry Potter à la gare de King’s Cross et les studios Warner en banlieue nous avons pu voir un perroquet bleu, des requins dans la Tamise, une vache violette chaque année à SouthBank, des dinos à Waterloo

En flânant dans les rues et les magasins vous pouvez tomber sur des détails étonnants comme ces affiches de la marque Hoxton Street Monster Supplies vous permettant de mesurer vos amis monstres :

MonsterMonster 2

Ou encore d’étranges offres d’emplois ou des cabines téléphoniques-ananas :

Offre d'emploiCabines Ananas

Vous pourrez même prendre place dans un bus fantôme, un Tour Shrek’s Adventure, un bus amphibie voire suivre un tour des bâtiments les plus moches de la ville ! Ensuite allongez-vous sur une des fausses plages de l’été.

Si cela ne vous suffit pas, vous pouvez financer un Escape game avec un jeu de sorcellerie.

2) Une avalanche de cafés /pop-up stores / hôtels à univers

Le Rainforest Cafe est un restaurant et une boutique avec faux éléphant et crocodile animé. Visite virtuelle ici.

Pendant 3 jours en février dernier un restaurant éphémère Game of Thrones proposait « cinq plats inspirés de l’univers de Westeros, accompagnés de breuvages dignes d’un roi » dans le restaurant d’un hôtel.

D’août à octobre prochain, « The Owls Are Not What They Seem« , un spectacle & restaurant ouvrira autour de l’univers de la série Twin Peaks. http://www.twinpeaksukfestival.com/

Rebel X Cantina Bar

En ce moment vous pouvez essayer de chercher le « RebelX Cantina bar« , un bar de nuit qui vous plonge sur la planète Tatooine et ses drôles de monstres, uniquement sur réservation.

Et si vous avez de la chance vous pourrez dormir dans une des chambres d’inspiration Harry Potterienne à l’hôtel The Georgian House.

3) Secret Cinema : un secret de moins en moins bien gardé

Organisateur de projections atypiques, Secret Cinema est devenu un énorme business, déclinant des films cultes (Retour vers le Futur, Stars Wars…) en expériences immersives mixant décor réalistes, acteurs costumés, projection du film et stands pour boire et manger. Il reste des places pour The Empire Strikes Back. 112 euros pour 1 adulte. Trop cher et trop de boutiques mais très beaux décors selon plusieurs spectateurs. Les fans s’y pressent. En attendant voici l’ambiance en 2010 pour l’expérience Blade Runner :

4) Des expériences de théâtre immersif hallucinantes

The Drowned Man (c) Birgit Ralf

Londres, riche de très nombreux théâtres et musicals est aussi à la pointe du théâtre immersif.

The Drowned Man par la compagnie Punchdrunk a été l’un des événement marquant du calendrier théâtral l’année dernière. Un faux studio de cinéma, 40 acteurs à suivre durant 3h dans un dédale de milliers de m2. A tout moment vous pouviez choisir de suivre tel ou tel acteur et ainsi créer votre propre spectacle.

D’autres compagnies anglaises travaillent sur des expériences inédites nous y reviendrons sur ce blog.

5) Une fausse ville pour enfants : « Kidzania London »

Imaginez une fausse ville nichée dans un centre commercial, aux dimensions des pré-ados. Kidzania qui vient d’ouvrir à Londres, est un parc d’attraction simulant une société capitaliste avec vraies marques bien visibles où les enfants pourront travailler en apprenant les bases de 60 métiers (vendeurs, pompiers, dentistes…). Un mini compte-bancaire leur permettra alors de dépenser leur pécule en jouets ou friandises. Pas la peine d’insister les métiers « philosophe » ou « ermite » n’existent pas chez Kidzania. Attention la ville est ouverte uniquement aux enfants ! Mais elle peut aussi se louer en partie pour les entreprises.


6) Des musées vraiment interactifs

Victorian Walk

La plupart des musées londoniens offrent des espaces permettent d’être en interactions avec les collections.

Le Museum of London propose ainsi une reproduction d’un jardin des plaisirs du XVIIIe sc. et d’une rue victorienne du XIXe sc.

En parlant de l’époque victorienne, saviez-vous que vous pouvez visiter la Dennis Severs’ House en silence et à la bougie ?

Dino Snores

Entre le London Zoo qui propose une exposition au coeur des araignées, des cours pour détectives en herbe à l’exposition sur les poisons The Power of Poison, tout semble possible. Même de dormir près des Dinosaures du Muséeum d’Histoire Naturelle ! (Dino Snores pour enfants ou adultes).

Un musée s’est amusé à installer une copie chinoise dans ses collections.

Cet été vous pouvez aussi assister aux Gladiator Games :

Gladiators

Retrouvez le Londres de l’époque romaine avec des combats de gladiateurs réalistes avec épées, boucliers, lances dans le seul amphithéâtre romain de la capitale.

A surveiller : la programmation de Museums at Night (octobre 2015).

7) Des attractions « 100% Fake »

Que cela soit le Madame Tussauds London et ses poupées de cires de personnalités ou Ripley’s Believe It or Not! London et sa caverne d’objets et animaux étranges… le Fake est partout =) !

8) Des acteurs zombies ou bouchers payés pour vous faire peur !

The London Dungeon vous raconte l’histoire de la ville avec des effets spéciaux, des comédiens, des décors et des scènes à 360°.

The London Dungeon

Le grand concurrent : The London Bridge Experience & Tombs qui a l’air encore plus horrible au vu des visuels. Pour les amateurs de zombies et de films d’horreur.

London Zombie Battle – Zombie Experience est une autre expérience immersive avec acteurs-zombies, en attendant la version avec réalité virtuelle de « Virtually Dead » !

A la Prison Clink vous allez pouvoir rechercher des phénomènes « paranormaux ».

Pour les plus peureux, essayez l’un des très nombreux tours « Jack the Ripper » en bus ou à pieds.

9) De faux immeubles !

The fake 10 Downing Street

Le bureau du premier ministre anglais est au 10, Downing Street à ne pas confondre avec sa copie au 10, Adam Street !

Découvrez un faux immeuble et un faux pont en allant sur « Londres » sur notre Carte du Fake.

10) et une mise en abyme

Jusqu’au 31 août allez vite au Television Centre at White City avant que les studios des dramas de la BCC ne soient détruits pour visiter l’exposition de Ben Rivers, The two eyes are not brothers installation avec projections de films et making-of.

Studios BBC London

Vous l’aurez compris Londres est vraiment magique ! Peut-être en y allant croiserez-vous Paddington ou Mary Poppins ? Racontez-nous !

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