Catégorie : EXPOS

Londres : capitale mondiale des expériences immersives !

Londres

Le Musée du Fake la recherchait depuis des années. Et nous pensions la trouver en Chine. Après plusieurs mois d’enquêtes notre comité d’experts l’annonce officiellement : en 2015 la capitale mondiale des expériences immersives est Londres !

Nous avions quelques indices :

De l’autre côté du miroir et Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll; le fameux Théâtre du Globe de William Shakespeare; les comédiens britanniques Sacha Baron Cohen ou Lee Nelson qui créent et incarnent de véritables personnages persistants; l’émission anglaise « Back in Time » qui replonge une famille actuelle dans les loisirs des années 1950 à 1999; et l’annonce fracassante et prématurée d’une réussite au test de Turing par le chatbot Eugène Goostman

Voici nos preuves, à Londres on trouve :

1) De fréquentes animations liant le réel à l’imaginaire

Platform 9 3/4
Le Prince Charles suit les traces d’Harry Potter !

Au-delà du plus évident, les très nombreuses comédies musicales, le quai 9 3/4 d’Harry Potter à la gare de King’s Cross et les studios Warner en banlieue nous avons pu voir un perroquet bleu, des requins dans la Tamise, une vache violette chaque année à SouthBank, des dinos à Waterloo

En flânant dans les rues et les magasins vous pouvez tomber sur des détails étonnants comme ces affiches de la marque Hoxton Street Monster Supplies vous permettant de mesurer vos amis monstres :

MonsterMonster 2

Ou encore d’étranges offres d’emplois ou des cabines téléphoniques-ananas :

Offre d'emploiCabines Ananas

Vous pourrez même prendre place dans un bus fantôme, un Tour Shrek’s Adventure, un bus amphibie voire suivre un tour des bâtiments les plus moches de la ville ! Ensuite allongez-vous sur une des fausses plages de l’été.

Si cela ne vous suffit pas, vous pouvez financer un Escape game avec un jeu de sorcellerie.

2) Une avalanche de cafés /pop-up stores / hôtels à univers

Le Rainforest Cafe est un restaurant et une boutique avec faux éléphant et crocodile animé. Visite virtuelle ici.

Pendant 3 jours en février dernier un restaurant éphémère Game of Thrones proposait « cinq plats inspirés de l’univers de Westeros, accompagnés de breuvages dignes d’un roi » dans le restaurant d’un hôtel.

D’août à octobre prochain, « The Owls Are Not What They Seem« , un spectacle & restaurant ouvrira autour de l’univers de la série Twin Peaks. http://www.twinpeaksukfestival.com/

Rebel X Cantina Bar

En ce moment vous pouvez essayer de chercher le « RebelX Cantina bar« , un bar de nuit qui vous plonge sur la planète Tatooine et ses drôles de monstres, uniquement sur réservation.

Et si vous avez de la chance vous pourrez dormir dans une des chambres d’inspiration Harry Potterienne à l’hôtel The Georgian House.

3) Secret Cinema : un secret de moins en moins bien gardé

Organisateur de projections atypiques, Secret Cinema est devenu un énorme business, déclinant des films cultes (Retour vers le Futur, Stars Wars…) en expériences immersives mixant décor réalistes, acteurs costumés, projection du film et stands pour boire et manger. Il reste des places pour The Empire Strikes Back. 112 euros pour 1 adulte. Trop cher et trop de boutiques mais très beaux décors selon plusieurs spectateurs. Les fans s’y pressent. En attendant voici l’ambiance en 2010 pour l’expérience Blade Runner :

4) Des expériences de théâtre immersif hallucinantes

The Drowned Man (c) Birgit Ralf

Londres, riche de très nombreux théâtres et musicals est aussi à la pointe du théâtre immersif.

The Drowned Man par la compagnie Punchdrunk a été l’un des événement marquant du calendrier théâtral l’année dernière. Un faux studio de cinéma, 40 acteurs à suivre durant 3h dans un dédale de milliers de m2. A tout moment vous pouviez choisir de suivre tel ou tel acteur et ainsi créer votre propre spectacle.

D’autres compagnies anglaises travaillent sur des expériences inédites nous y reviendrons sur ce blog.

5) Une fausse ville pour enfants : « Kidzania London »

Imaginez une fausse ville nichée dans un centre commercial, aux dimensions des pré-ados. Kidzania qui vient d’ouvrir à Londres, est un parc d’attraction simulant une société capitaliste avec vraies marques bien visibles où les enfants pourront travailler en apprenant les bases de 60 métiers (vendeurs, pompiers, dentistes…). Un mini compte-bancaire leur permettra alors de dépenser leur pécule en jouets ou friandises. Pas la peine d’insister les métiers « philosophe » ou « ermite » n’existent pas chez Kidzania. Attention la ville est ouverte uniquement aux enfants ! Mais elle peut aussi se louer en partie pour les entreprises.


6) Des musées vraiment interactifs

Victorian Walk

La plupart des musées londoniens offrent des espaces permettent d’être en interactions avec les collections.

Le Museum of London propose ainsi une reproduction d’un jardin des plaisirs du XVIIIe sc. et d’une rue victorienne du XIXe sc.

En parlant de l’époque victorienne, saviez-vous que vous pouvez visiter la Dennis Severs’ House en silence et à la bougie ?

Dino Snores

Entre le London Zoo qui propose une exposition au coeur des araignées, des cours pour détectives en herbe à l’exposition sur les poisons The Power of Poison, tout semble possible. Même de dormir près des Dinosaures du Muséeum d’Histoire Naturelle ! (Dino Snores pour enfants ou adultes).

Un musée s’est amusé à installer une copie chinoise dans ses collections.

Cet été vous pouvez aussi assister aux Gladiator Games :

Gladiators

Retrouvez le Londres de l’époque romaine avec des combats de gladiateurs réalistes avec épées, boucliers, lances dans le seul amphithéâtre romain de la capitale.

A surveiller : la programmation de Museums at Night (octobre 2015).

7) Des attractions « 100% Fake »

Que cela soit le Madame Tussauds London et ses poupées de cires de personnalités ou Ripley’s Believe It or Not! London et sa caverne d’objets et animaux étranges… le Fake est partout =) !

8) Des acteurs zombies ou bouchers payés pour vous faire peur !

The London Dungeon vous raconte l’histoire de la ville avec des effets spéciaux, des comédiens, des décors et des scènes à 360°.

The London Dungeon

Le grand concurrent : The London Bridge Experience & Tombs qui a l’air encore plus horrible au vu des visuels. Pour les amateurs de zombies et de films d’horreur.

London Zombie Battle – Zombie Experience est une autre expérience immersive avec acteurs-zombies, en attendant la version avec réalité virtuelle de « Virtually Dead » !

A la Prison Clink vous allez pouvoir rechercher des phénomènes « paranormaux ».

Pour les plus peureux, essayez l’un des très nombreux tours « Jack the Ripper » en bus ou à pieds.

9) De faux immeubles !

The fake 10 Downing Street

Le bureau du premier ministre anglais est au 10, Downing Street à ne pas confondre avec sa copie au 10, Adam Street !

Découvrez un faux immeuble et un faux pont en allant sur « Londres » sur notre Carte du Fake.

10) et une mise en abyme

Jusqu’au 31 août allez vite au Television Centre at White City avant que les studios des dramas de la BCC ne soient détruits pour visiter l’exposition de Ben Rivers, The two eyes are not brothers installation avec projections de films et making-of.

Studios BBC London

Vous l’aurez compris Londres est vraiment magique ! Peut-être en y allant croiserez-vous Paddington ou Mary Poppins ? Racontez-nous !

Theo Jansen (Le poète) vs. Hiroshi Ishiguro (Le Prince des humanoïdes)

Au Palais de Tokyo (Paris), à l’occasion de l’exposition « Le Bord des Mondes » a eu lieu une journée thématique intitulée « Humain trop humain« . Impressions.

Oeuvre de Theo Jansen.
Oeuvre de Theo Jansen.

Nous avons pu assister à une conférence et une démonstration de Theo Jansen de ses créatures en tube de plastique jaune :

Theo Jansen présente son travail ainsi : “Je crée depuis 1990 de nouvelles formes de vie. Ces formes ne sont pas faites de protéines comme les êtres vivants vivantes. Elles ont un autre principe moteur : des tubes de plastique jaune. Des squelettes fait de ces tubes sont capables de se déplacer. Ils puisent leur énergie dans le vent. Leur lieu de vie est la plage où je suis né. Ils évoluent au cours des générations. Mon souhait ultime serait faire prospérer des hordes de ces animaux de plage et qu’ils prennent leur autonomie. En répliquant la Création, d’une certaine façon, j’espère mieux comprendre la nature qui nous entoure. J’ai les mêmes problèmes que ceux qu’a dû rencontrer le Vrai Créateur. Strandbeest est un témoignage d’expérience divine. Je peux vous dire qu’il n’est pas facile d’être Dieu. Je fais face à beaucoup de déceptions. Mais lorsque les choses fonctionnent, être Dieu est l’expérience la plus fantastique qui soit. »

A une question de la salle « Que vont devenir vos machines ? » Theo Jansen propose au spectateur de continuer son travail après sa disparition. Un Dieu mortel c’est une première !

Theo Jansen
Theo et un véritable chien (à priori).

Autant Theo Jansen est un poète de la mécanique, autant Hiroshi Ishiguro est un universitaire businessman.

Jansen raconte son histoire, s’approche du public, fait toucher et explique ses mécanismes et… reste flou sur ses revenus.

Hiroshi, au contraire, utilise une présentation PowerPoint rodée avec des slides telles « Simulation of humanlike development », invente un robot à son image, et possède des participations dans une société qui va lancer des robots en forme de bébés et chiens stylisés mangas.

L’un des premiers robots d’Hiroshi Ishiguro est son propre clone (Geminoid HI-4). Il commence même sa conférence en disant « malheureusement je suis là car mon double donne une conférence en Inde ».

Hiroshi and his double, Geminoid HI-4, 2013 Courtesy Hiroshi Ishiguro Laboratories
Hiroshi et son double, Geminoid HI-4, 2013 (c) Hiroshi Ishiguro Laboratories.

Ses robots tiennent dans deux valises et un sac. La sécurité des aéroports le connaît bien : plus besoin de justifier la tête dans le sac de sport.

A Paris, il était accompagné de Kouka-Roïd, qui n’est pas la moins charmante de ses robots. Elle a même déclamée de sa voix synthétique du Boris Vian sur de la techno. Pas très audible. Dommage, car l’attente était grande et la foule nombreuse.

Kouka
Kouka-Roïd

Pourquoi fait-il des humanoïdes ? « car le cerveau humain reconnaît plus facilement l’humain, qui est donc une interface idéale ».

Bientôt en vente : les bébés robots et chiens (stylisés manga) en vente, moins cher qu’Aldebaran son « concurrent » français. On pourra les programmer soi-même .

Les robots sont déjà testés comme hôtes ou médiateurs dans les gares, les musées, les magasins (« les humanoïdes attirent plus le chaland »), les maisons de retraite, et les instituts de langues car « l’apprentissage c’est répéter plusieurs fois la même chose ». Merci Pr. Ishiguro : grâce à vous plus aucune histoire d’amour prof/élèves :(

Notons que l’équipe s’amuse tout de même à faire converser des humanoïdes et des robots. Peut-être qu’un jour un PACS sera possible entre eux ?

Testé aussi à Hong-Kong, dans un centre commercial, une chanteuse humanoïde « toujours souriante, jamais fatiguée, qui ne s’interrompt pas pour aller aux toilettes… donc idéale ! »

Autre utilisation qui nous fait penser à la série Real Humans les « trésors vivants » japonais pourront éternellement prêcher leur bonnes paroles par leurs avatars robotisés !

Geminoïd
Le SKYPE du futur ?

TelenoidGrâce aux Telenoid, on peut télécommander et faire parler à distance un robot qui fait tout de même vraiment peur (photo ci-contre)…

Grâce à Hugvie, les classes de maternelles deviennent beaucoup plus calmes en écoutant la voix de leur maîtresse en câlinant une poupée. Hugvie pourrait remplacer nos téléphones portables !

Et l’on pourrait continuer ainsi à égrener les produits de M. Ishiguro, mais nous préférons la poésie des animaux de plage de Jansen aux humanoïdes qui bien que fascinants ressemblent – pour l’instant- à une arméee de zombies.

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Site de Theo Jansen :
http://www.strandbeest.com/index.php

Site de Hiroshi Ishiguro :
http://www.geminoid.jp/en/index.html

Nos musées préférés : The Museum of Broken Relationships

Museum_m

Le Museum of Broken Relationships, surnommé aussi le « Museum of Contemporary Hearts » existe depuis 2010 à Zagreb (Croatie) et a voyagé dans des versions plus légères dans 20 villes.

(c) Museum of Broken Relationships
(c) Museum of Broken Relationships

Olinka Vištica, productrice de courts-métrages a co-fondée le Musée avec son ex-petit ami, le sculpteur Dražen Grubišić.

Le « Musée des Coeurs brisés » présente les histoires vraies de couples séparés au travers d’objets personnels (peluches, lettres, photographies, objets coquins…). Ces histoires intimes reflètent le spectre très grand des fins de relations amoureuses, de la plus « diablement drôle » à la plus traumatique histoire de l’Amour perdu ! L’idée de la collection est de montrer que la séparation est universelle, que nous avons tous déjà vécu cela, quelles que soient nos origines ou nationalités.

Ce Musée voyage par des expositions qui traitent toutes du concept des relations de couple qui se sont terminées. Contrairement à de la thérapie classique le Musée assure apporter « une chance de surmonter un effondrement émotionnel par la création ».

Le Musée conserve ainsi une mémoire d’émotions, sécurise nos souvenirs, afin de préserver une trace d’une histoire d’amour vécue.

N’importe qui peut contribuer en envoyant un objet et son histoire via la page : http://brokenships.com/en/join/send_your_exhibit

Chaque objet donné est présenté avec un cartel présentant ce qu’est l’objet, son origine géographique, la durée de la relation, et une histoire écrite par le/la donneur anonyme qui explique en quoi l’objet est lié à son ex-relation.

Petit Nounours
(c) Museum of Broken Relationships
Photo: Le Musée du Fake, SouthBank, Londres, 2014.

Quelques autres exemples sur le site du Musée.

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Musée :
Ćirilometodska 2,
10 000 Zagreb, Croatie
Tel: +385 1 4851021
Site : brokenships.com/en
Facebook : facebook.com/Brokenships
Wikipedia : Museum_of_Broken_Relationships
TumblR : brokenships.tumblr.com/

Museum Expressions : Focus sur ArsusPaper, reproducteur d’oeuvres & Tempo, jeu audio immersif

Le Museum Expressions, Salon de l’Objet du Marketing Culturel, s’est tenu les 21 et 22 janvier à Paris. De nombreuses rencontres et stands intéressants. Focus sur deux sociétés.

Museum Expressions

Logo ArsusArsus Paper Barcelona, restaurateur d’art à l’échelle 1:1

Toutânkhamon
Réplique du tombeau de Toutânkhamon.

Cette entreprise basée à Barcelone développe une technologie de reproduction d’oeuvres d’art à l’échelle 1:1. Ceci afin de :
- protéger et restaurer les originaux,
- préserver les oeuvres du flux de touristes,
- que les conservateurs payent moins cher les assurances des monuments,
et enfin faire voyager des répliques. (Il existe 4 versions de la grotte de Lascaux).

Pour fabriquer un fac-similé ArsusPaper réalise un scan digital de l’oeuvre/du monument pour reproduire la taille exacte des volumes, callibre les pigments d’encre pour imprimer sur du papier breveté, le Papelgel, qui sera collé sur un support léger comme le polystyrène. Ensuite la structure est placée au-dessus de l’oeuvre originale.

Papelgel 1Papelgel 2Papelgel 3

« Cette technologie fonctionne bien avec l’art rupestre ou pariétal » nous précise le créateur de cette technique. Ainsi l’entreprise a travaillé sur la grotte Chauvet, Lascaux, pour un centre espagnol présentant 21 répliques d’art paléolithique Koben Koba.

http://www.arsuspaper.com/index.php?lang=en

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Tempo, jeu audio géolocalisé

Tempo

Tempo est un jeu audio géolocalisé de médiation culturelle, « rencontre unique entre promenade sonore, chasse au trésor et jeu vidéo ». Avec ce jeu en son 3D binaural l’audio-guide classique est devenu un dinosaure. Vous pouvez vous déplacer au bon endroit, écouter, explorer, en intérieur comme en extérieur. Ci-dessous une maquette du premier épisode Enquête à l’hospice d’Havré jouable à Tourcoing.

Tempo est une déclinaison de Skyzo, un jeu audio urbain transmédia en cours de fabrication.

http://tempo-lejeuaudio.com/

Sound-a-Like la société qui édite ce jeu présentait aussi MuseoSound, un concept inédit en réalité augmentée et en immersion sonore 3D. En photographiant un tableau, comme pour un QRCode, vous pouvez entendre un narrateur et des effets sonores. Exemple avec Le Radeau de La Méduse de Théodore Géricault.

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Mention spéciale pour le stand d’ Unemployed Philosophers Guild

Unemployed Philosophers Guild

et le Mammouth plus vrai que nature d’ Anima qui veille sur les allées du Salon :

Mammouth

A suivre, un compte-rendu d’ innovations muséales digitales de Muséum Connections.

A la recherche des « Cités obscures »

Ortelius Mercator, Directeur du Département Cartographie du Musée du Fake nous signale la mise en ligne de deux voyages sonores entre réalité et fiction, basés sur la série de bandes dessinées Les Cités obscures de Benoît Peeters et François Schuiten.

cites_obscures

Première étape du voyage sur France Culture : « A la recherche des Cités obscures, passage entre deux mondes. » (58′).

Catherine Liber, productrice à France Culture raconte :

« En 1983, les explorateurs Benoît Peeters et François Schuiten reviennent sains et saufs d’une expédition à travers le continent des Cités Obscures. Ce monde lointain et relativement inaccessible, ils nous le décrivent d’abord comme un reflet décalé de la Terre. Un monde où les villes représentent la forme ultime d’organisation sociale. Un monde radicalement urbain, avide de connaissance, de mobilité et de progrès, mais cependant préservé des excès de la technologie moderne. Malgré l’évidente véracité de leurs observations de terrain, malgré la profusion de notes et de croquis qu’ils brandissent comme preuves, peu de gens prennent encore au sérieux leur aventure. Obsédés par des souvenirs extrêmement vivaces, déterminés à jeter toute la lumière sur ces cités obscures, ces deux hommes ont accepté de nous emmener sur les traces de leur voyage, à Paris et à Bruxelles…

Pour aller plus loin, pour vérifier les rumeurs et étayer les preuves, nous avons aussi consulté un écrivain insulaire, un géographe illuminé, un musicien connecté au monde parallèle et un explorateur ésotérique. Ouverts aux possibles et à l’imaginaire, munis d’une carte que nous avons retrouvée dans les archives de l’IGN, nous sommes partis à la recherche des passages entre notre monde et l’autre monde. Ces univers sont-ils l’un sur l’autre ? Pour le savoir, nous avons emprunté des escaliers, des trappes, des tunnels. Sont-ils au contraire presque juxtaposés, accessibles grâce à un simple “pas de côté” ? Suivant cette piste là, nous avons alors expérimenté des trompes l’œil, des zones blanches et des obscurités, des mirages acoustiques et des évidences trompeuses. Au fil de ces rencontres étranges, nous avons cru approcher “Brüsel”, “Urbicande”, “Samaris”. Et le sentiment, prégnant, de toucher du doigt les rivages d’un continent pas si lointain. Alors, peut-être sommes nous réellement passés ? Mais peut être n’en était-ce que l’écho… »

Maquette de la ville de Brüsel, par Benoît Peeters & François Schuiten.

Puis seconde étape, toujours via France Culture : « Voyage au coeur de la carte » (58′).

« Le continent des Cités obscures est-il accessible par des moyens normaux ? Où trouver un passage vers ce territoire encore méconnu ? Comment une équipe de tournage radiophonique pourrait-elle en rapporter des enregistrements fiables et crédibles ?

Confrontés à des impasses et trop de fausses pistes, nous avons remisé nos bagages et décidé de plonger au cœur de la carte des Cités Obscures. Un document rare et précieux, conservé dans les réserves secrètes de la cartothèque de l’Institut géographique national, quelque part entre les plans du savant hollandais Ortelius et les astrolabes arabes.
Sur le papier, les noms des villes résonnent comme autant de sésames vers un autre réel. « Calvani », ville horticole et miroitante, nous a délivré des leçons de sagesse écologique. « Alaxis », ville des plaisirs hédonistes, nous a paradoxalement permis de découvrir le destin tragique de Mary Von Rathen, un des plus illustres citoyennes obscures. Plus loin, après avoir traversé le désert des Sommonites à bord de véhicules hétéroclites, nous avons pris connaissance des évènements dramatiques qui ont bouleversés la grande cité d’ « Urbicande ». Suivant les conseils de voyageurs avisés, nous avons collecté des récits sur « Samaris », la ville-leurre, la ville orientale et carnivore, endroit fascinant et traitre posé sur l’équateur obscur, au bord de la Mer des Silences.

Au fur et à mesure de notre équipée au cœur de la carte, des figures fortes accompagnaient nos ahurissements : l’inventeur Axel Wappendorf, l’urbatecte Eugène Robick, l’officier Frantz Bauer, les autochtones à visage plat de la jungle septentrionale. Mais nous n’avons pas vraiment pu entrer en contact avec eux, incertains de nous même, troublés par les reflets du miroir qui éclaire ce monde.

Ce séjour imaginé dans les villes-mondes des cités obscures fut presque toujours troublant. Jusqu’à en perdre tous repères, jusqu’à se demander s’il ne suffit pas d’y croire, pour recevoir un jour un message, un signal, une preuve. C’est ce qui nous est finalement arrivé, par l’intermédiaire d’une lettre. Bon voyage… »

revoir_Paris

Signalons aussi l’exposition actuellement à la Cité de l’Architecture & du patrimoineRevoir Paris, des mêmes deux explorateurs urbains :

exposition

Exposition temporaire « Revoir Paris » du 20 nov 2014 au 9 mars 2015.

Si comme nous vous aimez les cartes, faites un tour sur notre fameuse « Carte du Fake » et zoomez pour constater que le Fake est déjà autour de nous partout dans le monde.

 

Une chimère au Muséum d’histoire naturelle de Nantes !

 Au Muséeum d’histoire naturelle de Nantes

Muséeum Nantes

Au sein de l’exposition temporaire Parce Queue

Parce Queue, l'affiche de l'expo.

Dans la « Galerie des Personnages de légendes » …

Salle d'exposition

… nous pouvons admirer une Chimère !!! :

Chimere

Chimère (détail)

Voici le détail du cartel (ATTENTION SPOILER / DIVULGATION ) :

[ Chimère ]

Animal mythique décrit depuis l’antiquité, c’est un hybride composé d’une tête de lion, d’un corps de chèvre et d’une queue de serpent. Dès le 16ème siècle, les reconstitutions de chimères apparaissent dans les cabinets de curiosités. Elles sont réalisées par l’assemblage d’animaux différents ou, comme ici, par découpage et séchage d’une raie bouclée. Les visiteurs ignorants pouvaient croire à un vrai monstre marin dotée d’une queue impressionnante.

Création du Muséeum d’histoire naturelle de Nantes, d’après illustration de John Johnston.

Site du Muséeum : http://www.museum.nantes.fr/

Site de l’expo : http://www.expo-parcequeue.fr/visite.html

« Le bénéfice du doute » du collectif_fact

collectif_fact

Le collectif_fact conçoit des vidéos qui s’inspirent des codes et du langage cinématographique, à partir d’images qu’ils filment le plus souvent dans des lieux publics. Par un sens aigu du montage et de la juxtaposition entre les images et la bande son, ils créent des fictions surprenantes à partir de situations apparemment banales.

« Ils s’intéressent particulièrement aux répétitions du quotidien, aux stéréotypes et aux clichés qui imprègnent notre culture populaire et travaillent principalement sur les aspects du (anti)spectacle, des simulacres et de l’appropriation. Ils encouragent le spectateur à une réflexion critique sur les habitudes qui conditionnent nos perceptions de la réalité. »

Au Centre culturel suisse à Paris, le duo présente deux vidéos Hitchcock presents (2010) et The Fixer (2013), qui mettent en jeu les architectures marquantes des lieux de tournage, respectivement la Maison Blanche de Le Corbusier à La Chaux-de-Fonds et le Barbican de Chamberlin, Powell & Bon à Londres.

Hitchcock presents, 2010, vidéo HD, 6’26’’ :

En 1960, Alfred Hitchcock réalisa, pour la sortie de Psychose, une bande-annonce tournée dans les décors de son film où il présentait lui-même l’intrigue. Réutilisant ce son originel, la vidéo Hitchcock presents propose une visite de la Maison blanche de Le Corbusier par le maître du suspense. En s’appropriant l’ambiance de la maison de la mère de Norman Bates pour l’affecter à la Maison blanche, le collectif_fact plonge celle-ci dans l’univers fictionnel des thrillers. Ainsi, grâce à cette visite guidée par Alfred Hitchcock, la Maison blanche tient ici le premier rôle empreint d’intrigues et de suspense, et devient le décor d’un scénario à sensation.

The Fixer, 2013, vidéo HD, 8’24’’ :

La vidéo intitulée The Fixer montre un script doctor, personne à qui l’on fait appel pour améliorer un scénario en supprimant parfois des personnages ou des scènes, qui parle de son travail comme s’il s’agissait de celui d’un tueur à gages. A cette voix sont ajoutées des photographies de personnes qui fréquentent régulièrement le Barbican, centre d’art pluridisciplinaire à Londres. Ces visiteurs deviennent tantôt des acteurs de scènes effacées, tantôt les victimes du tueur.

Entrée libre jusqu’au 14 octobre 2014 : Centre Culturel Suisse de Paris.

Diaporama de l’exposition.

La Fascination des Sirènes de Fredi Casco

Fredi Casco

Né en 1967 au Paraguay, Fredi Casco vit à Asunción.

« Son travail interroge le pouvoir des médias et compare l’importance historique de la culture officielle avec celle de la culture populaire et indigène. Par l’analyse de l’apparente transparence et neutralité de la télévision et de la presse papier, il révèle certaines stratégies médiatiques à l’oeuvre dans le système post-colonial en place au Paraguay. »

La Maison de l’Amérique latine de Paris présente « La Fascination des Sirènes », une exposition monographique à caractère rétrospectif jusqu’au 23 septembre 2014.

Le titre de l’exposition vient d’un extrait d’un texte du sémiologue Roland Barthes :

L’essence de l’image est d’être toute dehors, sans intimité, et cependant plus inaccessible et mystérieuse que la pensée du for intérieur ; sans signification, mais appelant la profondeur de tout sens possible ; irrévélée et pourtant manifeste, ayant cette présence-absence qui fait l’attrait et la fascination des Sirènes.

Roland Barthes, La Chambre Claire, Ed. de l’Etoile, 1980

Expo Fredi Casco - 1

Expo Fredi Casco - 2

Expo Fredi Casco - 3

Expo Fredi Casco - 4

Site : http://mal217.org/ai1ec_event/fredi-casco/

Diaporama : http://mal217.org/wp-content/uploads/2014/06/Fredi-Casco-diaporama.pdf

Autres photos de Fredi Casco : http://www.myop.fr/fr/photographe/fredi-casco

EXPOSITION / Tiki Pop : l’Amérique rêve son paradis polynésien

Affiche Tiki Pop

Pour vous mettre dans l’ambiance mettez cette playlist en fond sonore : http://www.deezer.com/playlist/901284295

Le Musée du Quai Branly (Paris) propose l’exposition Tiki Pop, l’Amérique rêve son paradis polynésien.

Qu’est-donc qu’un « Tiki » ? « Une figure mi-humaine, mi divinité. Il serait le premier humain et aurait créé les hommes. Il est considéré comme un esprit protecteur. On en trouve à Tahiti (sous le nom de ti’i) et en Nouvelle-Zélande, mais leur statut y est plus flou. »

L’expo du Musée du quai Branly raconte la fascination pour les îles du Pacifique (« le Paradis des Mers du sud »), ainsi que la création d’un mythe absorbé par la culture « pop » -populaire- américaine au lendemain de la seconde guerre mondiale.

expo2

L’exposition au design en parfaite adéquation avec sa thématique rassemble plusieurs centaines d’objets qui raconte comment dans la société puritaine des fifties a pu naître un mouvement populaire et artistique. Tout d’abord sur la côte Ouest puis Est jusqu’en Floride dans les années 60.

Vous pouvez découvrir dans cette exposition des livres, affiches de cinéma, photographies, maquettes, extraits de films, objets provenant de bars à cocktails, restaurants, motels, parc d’attractions … collectés par des « archéologues urbains ».

La société de décoration d’intérieur Cheeky Tiki  a même reconstitué un bar paillote tiki où ne manquent que les cocktails (tous à base de Rhum alors que cet alcool est originaire des Antilles pas de Hawaï !).

Bar TikiPop

En parcourant Tiki Pop on comprend mieux la construction des images stéréotypées du Pacifique : la vahiné tahitienne (soi-disant qui s’offre aux marins, fantasme des premiers explorateurs), les palmiers, les îles, les huttes, les instruments comme le ukulélé, les fruits exotiques, et surtout les idoles (les fameux tikis en bois). On y découvre de nombreux extraits de livres et films à re-découvrir. Enfin on y apprend pourquoi la génération des années 60 à remis en question le tiki style jugé néocolonial, sexiste et raciste. Dans les années 1980 la plupart des bâtiments n’existent plus, restent les bars comme les deux TongaHut en Californie ou plus récent le Tiki Lounge à Paris !

Site du Quai Branly

FB géré par le commissaire de l’exposition & archéologue urbain Sven Kirsten

Le catalogue de l’expo chez Taschen