INTERVIEW : Dot Pierson, co-créatrice de HEROES, spectacle immersif rock !

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YOU COULD BE HEROES JUST FOR ONE NIGHT

« Heroes », David Bowie

Dot, Peux-tu nous présenter Heroes, ton rêve éveillé du 11 avril prochain ?

Heroes est un spectacle immersif théâtral, expérimentiel et musical autour du rock. Nous sommes partis de ce point de départ: nous manquons de héros et de héroïnes.
Notre époque souhaite en (re)trouver et pourtant, les illusions n’ont jamais été autant déceptives. Nous vivons dans un monde où l’on ne croit plus aux utopies politiques, où l’on se met en scène perpétuellement utilisant massivement la technologie, où même l’amour se scroll sur un écran. Où chercher ? Comment en (re)trouver ? Nous avons imaginé une solution qui se trouverait peut-être dans la musique. En effet, celle-ci compte un nombre considérable de héros. Mais ceux-là disparaissent petit à petit : et encore une fois nous nous retrouvons face à la peur de les perdre.
Nous avons monté ce spectacle autour des grands héros du rock, principalement des années 60/70 avec une pointe de 80. Nous avons aussi agrandi le cercle aux auteurs de cette génération. Nous proposons aux spectateurs de venir les “réveiller”. Bien loin d’un musée de cire, il s’agit plutôt de se confronter à “l’âme” de ces personnalités et d’y comprendre en quoi ils sont représentatifs d’une certaine forme d’héroïsme. A partir de cette invitation, le temps d’une soirée, le public sera amené à trouver dans ce labyrinthe interactif et artistique ceux qui nous ressemblent bien plus que nous ne pouvons l’imaginer. Il partira à la découverte de créatures fascinantes en étant créateur de son expérience et apprendra beaucoup sur lui-même et le héros qui est en lui.

On y croisera des sosies de Davie Bowie, Mick Jagger, Janis Joplin, Bob Dylan… quelle affiche ! Doit-on venir nous aussi maquillés et costumés ?

Heroes n’est pas un spectacle de sosies. Evidemment, les personnages seront très reconnaissables mais cela n’est pas le but. Nous souhaitions surtout travailler sur leur “âme”. Nous avons décidé de choisir 7 membres emblématiques du club des 27: Brian Jones, Jimi Hendrix, Jim Morrison, Amy Winehouse, Janis Joplin, Robert Johnson et Kurt Cobain. Nous en avons tiré 7 grandes thématiques qui sont importantes dans leurs travaux et vies respectives. De là, nous avons construits tout le spectacle. L’affiche est merveilleuse, en effet. Je n’ai pas l’habitude de travailler tous les jours avec Freddy Mercury, Anita Pallenberg et Lou Reed ! Cela prête à de jolis moments de discussion avec notre superbe équipe de costumières (dont Emilie Malfaisan est la costumière en chef) et de maquilleuses (avec Mara Sastre à la tête) qui m’appellent pour me demander quel eye liner irait le mieux pour Edie Sedgwick ou si la tunique de Bowie est à la bonne taille. Se dire que je vais répéter avec Bob Dylan et Patti Smith ou encore avoir une discussion avec Anaïs Nin et Simone De Beauvoir, c’est jouissif. Les spectateurs ne sont pas du tout obligés de venir costumés ou maquillés. Bien au contraire. Déjà car des surprises les attendent mais surtout car ce qui nous intéresse c’est eux, au plus profond d’eux-mêmes. C’est pour cela que nous l’avons monté. Nous leur proposons un spectacle certes, mais surtout nous les invitons à s’interroger sur eux-mêmes et sur le monde. Pas besoin de mettre un perfecto en cuir pour ça. Et de toutes façons, nous saurons trouver leur coeur de rockeur même sous un survêtement Tacchini.

As-tu des indices ou conseils afin d’accéder aux salles cachées et autres surprises de « HEROES » ?

Petit indice, sans trop dévoiler du spectacle : cherchez les chamanes !

Dot Pierson

Pour les conseils, je ne saurais que les pousser à mettre des chaussures confortables, manger auparavant car le spectacle dure 3h, savoir qu’il va falloir chuchoter au maximum, ne pas hésiter à se séparer des personnes avec qui on est venu car c’est une toute autre expérience et bien regarder dans toutes les pièces : les héros peuvent être n’importe où. Bref être curieux et ouvert. Ha si, et ne pas oublier des bouchons d’oreilles pour les plus sensibles.

Avant Héroes tu avais mis en scène d12ouze (performance sur l’intime pour 12 spectateurs par séance, qui permettait entre autres de s’échanger des secrets) pourquoi aimes-tu autant « l’immersif » ?

Il y a encore 2 ans, je ne connaissais absolument pas l’immersif, pourtant datant des années 70, c’est dire si j’étais en retard.
Il s’avère que D12ouze était à la base une commande de spectacle sans spécialement être catégorisée. Ayant carte blanche, j’ai écrit une première version. Après l’avoir joué, beaucoup ont fait le lien avec Sleep No more et j’ai donc commencé à faire des recherches. J’ai continué à la suite à le développer avec mon co-metteur en scène Grégory Ragot avec lequel nous avons beaucoup poussé les questionnements sur l’immersif. Et puis j’ai rencontré Léonard Matton qui a monté “Helsingor “ (Hamlet en immersif) et “Le secret” premier lieu à Paris de théâtre immersif. J’ai eu la chance qu’il me propose de rejoindre son équipe et j’ai appris énormément à ses côtés. A partir de là, il y a eu ma rencontre décisive avec Jules Guillemet. Avec lui, nous avons monté Hummm qui propose des expériences immersives qui ont du sens pour des marques mais aussi des spectacles de création. Je lui ai proposé l’idée de Heroes et c’est devenu le premier spectacle de création que nous montons avec notre collectif. Nous l’avons écrit à 5 (avec Laure Garnier, Camille Jourde et Laurent Henode) et nous le co-mettons en scène avec Jules. Je crois avoir définitivement attrapé le virus de l’immersif. Alors que j’avais commencé par le cinéma mais n’y trouvant plus mon compte, ayant mis en scène au théâtre mais étant frustrée par le 4ème mur : j’ai enfin trouvé ma forme.
L’important pour moi étant le public, le rapport à celui-ci et ma thématique principale étant l’intimité, je ne pouvais pas être plus épanouie que dans l’immersif. Et puis travailler avec des comédiens en immersif est fascinant. Déjà, la mise en scène est différente; il faut qu’ils sachent improviser, qu’ils aiment créer du lien avec l’autre, qu’ils veulent donner et recevoir. C’est fascinant, enrichissant et un honneur de travailler avec ces artistes complets.

Tu étais aussi de l’aventure du Secret, 1er écrin d’expériences immersives parisien, comment vois-tu le futur de ce genre très apprécié des anglo-saxons et qui irradie en ce moment en France ?

Demain sera immersif, de toutes évidences. Il y a de la place pour toutes les formes, toutes les créativités et tous les possibles.
La seule chose que je crains c’est évidemment l’effet de mode : chacun va y aller de sa version immersive. A partir du moment où l’on placera un comédien près d’un spectateur, cela aura l’appellation immersif. J’espère juste que les metteurs en scène et producteurs ne galvauderont pas trop cette forme et qu’ils n’oublieront pas l’essentiel du travail immersif : le public.

Infos pratiques :

Le site du spectacle :
https://www.spectacleheroes.com/
 
La page facebook du spectacle :
https://www.facebook.com/heroesspectacle
 
L’événement facebook :
https://www.facebook.com/events/579184922599595/

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EN QUETE DE DAU : Staline / Seine

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L’un des visuels officiels de DAU version parisienne.

En fondant le Musée du Fake à TianduCheng (la Cité dans le Ciel en chinois) nous ne nous doutions pas que nous allions croiser un jour le chemin d’une autre Cité dans les nuages : oui, dans DAU, était prévue la construction de décors de rues de Moscou grandeurs réelles en haut de toits ukrainiens ! Au-delà d’un simple décor de ciné, telle Tativille pour Playtime, ou Les Amants du Pont-Neuf, DAU est un projet protéiforme hallucinant dont le centre névralgique fut « un Institut de recherche secret » ouvert de 2009 à 2011.

D. A. U., trois lettres et de multiples mystères. 3 lettres ensorcelantes qui ont et vont continuer de modifier la vie de celles et ceux qui les croisent. DAU débarque à Paris pour sa première mondiale le 24 janvier prochain. L’expérience continue. Oserez-vous en faire partie ?

Premier indice : une bande-hallucinante dévoilant quelques images que la presse internationale résume souvent en « Le Truman Show stalinien », « Le Good Bye Stalin », ou le « Apocalypse Dau » !

Bande-annonce de DAU Paris (https://youtu.be/F55kuVwVHkU)

ATTENTION : On vous interdit aussi votre téléphone portable, mais il ne s’agit pas de théâtre immersif comme au Secret, mais d’une « zone d’expérimentation et d’exploration », accessible uniquement avec visa de 6h, 24h, ou illimité.Nous vous proposons ensemble de partir en quête de DAU. Vous pouvez toujours choisir de ne pas poursuivre : les conditions générales ne sont pas du tout rassurantes :

“Certains Participants sont susceptibles d’être particulièrement bouleversés par certains éléments de l’événement DAU. (…) Vous participez donc à un événement DAU en sachant pertinemment que certains contenus peuvent être offensants ou dérangeants, et que l’Organisateur d’événements n’est pas responsable du traumatisme émotionnel que vous pourriez subir. »

DAU.com – Terms & conditions

“Les Participants doivent avoir conscience que leur expérience peut les exposer à des scènes choquantes, notamment des contenus extrêmement violents, à caractère sexuel ou dérangeants. Pendant leur visite, les Participants seront invités à prendre part à des expériences non conventionnelles qu’ils pourront refuser à tout moment. Nous demandons donc aux Demandeurs de Visa de tenir compte de ces informations avant de participer à un quelconque événement DAU.”

“Une fois à l’intérieur, vous serez équipé d’un Dispositif DAU. Ce smartphone sera votre guide personnel dans les espaces et vous indiquera les règles internes à respecter. Si vous enfreignez ces règles, DAU se réserve le droit d’annuler votre visa et de vous reconduire à la sortie.”

Dau.com – Service visas.

“Pendant l’événement DAU, nous filmerons et enregistrerons les Participants pour capter leur expérience. Phenomen UK Ltd sera le propriétaire et dépositaire de ces films et enregistrements (les média)et pourra les utiliser pour tout matériel promotionnel. Phenomen UK Ltd conserve le droit d’utiliser ces média pendant toute la durée du projet DAU, qui pourra se poursuivre pendant 5 ans après la fin de l’événement DAU Paris, et avoir lieu dans toute l’Union Européenne et dans d’autres pays du monde entier. En acceptant les présentes conditions générales, vous donnez votre autorisation pour être filmé et enregistré.”

DAU.com – Terms & conditions

A suivre sur ce blog… : en quête de #DAU.

DAU Paris : 24.01.2019 – 17.02.2019

Au Théâtre du Châtelet, Théâtre de la Ville et au Centre Pompidou.

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LE SECRET, fermeture du 1er écrin du théâtre immersif à Paris.

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Le Secret, dont nous vous avions signalé l’existence sur nos réseaux sociaux (Fb, Tw) ferme définitivement ses portes après six mois d’existence, et sera remplacé par un hôtel de luxe 🙁

Article à lire en écoutant cette bande originale !

Le Secret, expériences immersives.

Nos fidèles lecteurs et les amateurs d’expériences immersives le savent, la ville phare en ce domaine est Londres. (Cf. notre enquête sur place en août 2015 qui reste d’actualité d’après plusieurs professionnels du secteur).

La ville lumière (Paris), elle, se met petit à petit au théâtre immersif avec des pièces/expériences remarquées (Smoke Rings, d12ouze, Mutations,… ) ou des « activations » pour des marques (certaines agences sont spécialisées dans ce type de dispositifs : Agence WATO, Big Drama,…). L’attente pour de nouvelles expériences étant tellement grande (cf. succès des escapes games), le public prêt, les billetteries complètes (97% chaque soir pour Helsingør *source : Théâtral Magazine), nous nous demandions pourquoi si peu de propositions grand public en France ? L’une des raisons est le manque de lieux pour ce type de spectacles qui demandent des centaines à milliers de m2.

Le Secret

Un lieu unique, éphémère, quasi-utopique

Léonard Matton, metteur en scène et co-fondateur de A2R compagnie – Antre de Rêves initiateur du Secret explique qu’il a mis environ 3 ans pour trouver un espace suffisamment grand pour accueillir en toute sécurité son public. Seules des institutions ou des promoteurs immobiliers disposant de terrains et lieux atypiques peuvent faire exister ces « utopies ».

Le Secret a ouvert le 29 juin 2018 au 18, rue Larrey au coeur du Ve arrondissement parisien et ferme fin décembre. Ce lieu hors du commun, une ancienne manufacture de sirops puis de canalisations de 1200 m2 fut dédié aux expériences immersives et présenté par ses créateurs comme un « lieu de vie où le spectateur est placé au plus proche des personnages ».

Vue depuis la rue Larrey / Etat existant (DTACC)

Helsingør et autres expériences immersives

Helsingør - Château d’Hamlet

Autour d’un spectacle phare, Helsingør – Château d’Hamlet mis en scène par Léonard Matton (Helsingør, traduction danoise de Elseneur, la ville où a lieu le drame shakespearien) le Secret proposait d’autres expériences immersives de plusieurs compagnies : Sans but, J’appelle mes frères, Labyrinthe (mentalisme), Le Bordel de la Poésie, Curiosity leads to trouble, d12ouze, Canto Transsibérien, Les soeurs papilles ainsi que des stages de théâtre avec Simon Hanukai et Sébastien Bonnabel, des master classes, des rencontres, des cours de yoga et même un marché de Noël !

Stanislas Roquette incarne Hamlet dans Helsingør. © Mélanie Dorey — Le Secret

Présentation officielle de la pièce principale :

« Helsingør – château d’Hamlet est une adaptation en théâtre immersif de la pièce de Shakespeare. Pour comprendre le principe du théâtre immersif, il faut imaginer un espace de jeu où le « hors-scène » n’existe pas. Le public peut aller où il le désire. Il est libre d’évoluer au cœur de l’action – et d’y perdre ses repères. Ici, les parcours se déploient en temps réel dans un espace à six dimensions : une salle du trône, trois chambres, une chapelle, et un parc. Les intrigues se jouent en simultané et s’entrecroisent dans une narration en arborescence. Ainsi, cette pièce grandiose se révèle une expérience insolite de la folie et de la peur, aux multiples points de vue, qui entraîne chaque spectateur dans une tragédie esthétique et métaphysique. »

Gael Giraudeau, game designer et acteur présente la pièce Helsingør -avec en fond la musique d’ambiance-.
La Règle du jeu du Secret.

Une presse dithyrambique

« Le théâtre immersif fait enfin irruption dans nos tristes vies »

Les 5 pièces

« Formidable expérience où peu à peu, nous gagne la sensation concrète et très jubilatoire d’être partie prenante de l’histoire », (on repart) « avec le sentiment, délicieux, d’avoir vécu un moment rare parce que dérobé au réel. » et dans un autre post « On entre de plain-pied dans la pièce de Shakespeare, avec la sensation physique, concrète, charnelle, de faire partie de l’action. C’est terriblement vivant et enthousiasmant. Et à voir la jeunesse du public, on se dit que l’avenir du théâtre passera par l’immersion. » s’enthousiasme Télérama; « une expérience envoûtante » décrit Le Parisien; les blogs de théâtre sont aussi très positifs (Theatre-Immersif.com,4e mur,Fille de Paname … ) Seule i/O Gazette critique sec, en comparant l’expérience à l’étalon-or du moment, les productions anglaises de Punchdrunk, mais salue la démarche. Théâtral Magazine propose un dossier spécial théâtre immersif (version papier) et est aussi tombé sous le charme : « En France, le théâtre immersif en est à ses balbutiements mais les quelques propositions actuellement à l’affiche sont toutes assez exceptionnelles ».

Visiblement de nombreux journalistes ou spectateurs n’ont pu percevoir tous les secrets cachés dans le décor. Le Bureau parisien du Musée du Fake y est allé 3 fois, et n’a pas pu percer tous les mystères, ni être choisi pour incarner un rôle de figurant (1 spectateur par séance). Par contre au fil des mois nous avons pu apprécier une plus grande fluidité dans la narration qui permettait d’apprécier l’intégralité du spectacle sans sentir de manque de vue d’ensemble.

Immersive Creation Challenge Paris

Le week-end du 24/25 nov. 2018 une quarantaine d’artistes d’Europe et Etats-Unis, acteurs, scénographes, producteurs, ont montés en moins de 24h quatre mini expériences de théâtre immersif sur la thématique des Contes de Grimm. 50 places seulement (à 10€) pour spectateurs qui prenaient le risque de découvrir de nouvelles adaptations très libres des Contes montées à grande vitesse. Une réussite partagée dans les décors du Secret produite par Epic Immersive (USA), Madame Lupin, et le Secret.

http://www.epicimmersive.com/parischallenge

© Israel Solórzano – Immersive Creation Challenge Paris 2018
© Israel Solórzano – Immersive Creation Challenge Paris 2018
© Israel Solórzano – Immersive Creation Challenge Paris 2018
© Israel Solórzano – Immersive Creation Challenge Paris 2018

Un secret à partager !

Plus de 10000 spectateurs ont pu découvrir le Château. Nous gardons notre carte de membre précieusement jusqu’à l’ouverture du nouvel écrin du Secret ! La compagnie du Théâtre du Soleil a ouvert la voie en squattant une ancienne cartoucherie dans les années 70 à vous d’inventer la suite !

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Archi-faux / Archi-vrai : un documentaire et un film VR sur la duplitecture !

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Archi-faux – Vraies Villes et Faux Monuments

(The Real Thing – Real Life in Fake Cities)

Un documentaire de Benoit Felici.

Archi-Faux« Soixante Tours Eiffel, une douzaine de pyramides de Gizeh, trente tours de Pise, plus de quatre-vingt copies de la Maison Blanche… Les répliques de monuments se multiplient dans le monde entier. Entre investissements lucratifs, contrefaçons architecturales et lieux de tourisme modernes, ces copies sont des « miroirs » dans lesquels se reflète une certaine image de notre monde.
Ces lieux ont-ils quelque chose en commun ? En quoi sont-ils différents des répliques que nous avons pu connaître par le passé ? Sont-ils plus que de simples copies ?
De l’Europe à Dubaï, en passant par la Côte d’Ivoire et la Chine, ce documentaire décrypte les raisons politiques, culturelles et économiques qui motivent ces répliques architecturales. Architectes, sociologues et même habitants de ces lieux mettront en lumière les aspirations liées à ces constructions et à leurs valeurs symboliques. Un voyage dans une copie de notre monde. »

Un superbe film de Benoit Felici avec idée géniale, une bande son composée entre autre d’un pastiche-hommage, La Vie en rose version indienne ! A découvrir ici : https://www.arte.tv/sites/webproductions/archifaux-archivrai/

Archi-vrai (The Real Thing VR)
Un film de Benoit Felici, Mathias Chelebourg

« Ce documentaire en réalité virtuelle explore trois « simulacres urbains » situés dans la périphérie de Shanghaï, inspirés par Paris, Venise et Londres. Leurs habitants nous font découvrir des quartiers à la fois factices et vivants, familiers et trompeurs.
Cette promenade architecturale est aussi une expérience sensorielle. Pour saisir l’essence de ces lieux, et surmonter le trouble qu’ils inspirent, il faudra déceler le vrai dans le faux, et le faux dans le vrai… »

Page dédiée : https://www.arte.tv/sites/webproductions/archifaux-archivrai/

Dossier de presse en cliquant ici.

Critique sur Film-Documentaire.frFacebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

En route pour l’immortalité via la boutique « Altered Carbon » (Netflix) à Paris !

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmailParis (France) : de drôles de pancartes ont envahi les rues du marais, avec un visuel choc (un homme nu avec un masque à oxygène pris dans un sac en plastique) et une indication « Offrez-vous l’immortalité, changez de corps au 23, rue du Roi de Sicile ».

On suit la flèche qui nous conduit à une boutique « Altered Carbon » (le nom d’une série SF qui sort le 2 février sur Netflix tiens tiens…)

Juste le temps de montrer le contenu de son sac au vigile on comprend qu’on arrive dans le futur :Une jeune femme souriante, en blouse blanche nous accueille. Elle nous apprend qu’il est désormais possible de transférer sa mémoire/personnalité dans un petitedisque qui sera inséré dans un nouveau corps que l’on doit choisir dans un catalogue de corps ! Notre 1ère enveloppe corporelle première rejoindra ce catalogue.

AltCarb detailsUn petit vestiaire nous permet de laisser nos affaires pour pouvoir choisir son nouveau corps de façon aisée. Au mur des affiches : « Changez d’apparence », « Métamorphosez-vous », « Vivez éternellement » et un plus politique « Le corps est un produit »…

Premier passage obligatoire : des techniciens prennent votre portrait, qui sera apposé sur une 2e photo de votre corps mis en sac ! Claustros s’abstenir. Vous rejoindrez alors le catalogue composée de tous les corps-prospects de Netflix, car oui il faudra laisser votre mail pour recevoir votre fiche, avec indication de votre durée de vie restante !

AltCarb, atelier 1Ensuite, au sous-sol 2e atelier : une conseillère vous guide dans le choix de votre nouveau corps parmi quelques profils très stéréotypés (en rapport avec la série « très crue et réaliste »). Allez un changement de sexe et comme dans Matrix autant en profiter pour devenir pro en karaté et polyglotte. Un petit calibrage de cette session de Réalité Augmentée sous Kinect, on observe son expressivité sur son nouveau visage, un peu fatigué « c’est normal c’est le début », et on remplit le bon de commande. Notre nouveau corps nous attendra le 2 février 2384.

« On a pas le droit de mettre un enfant dans le corps d’un adulte » précise la pro à un garçonnet qui aurait bien voulu essayer. Très sérieusement une visiteuse qui semble prend toute l’expérience au 1er degré demande « Mais comment je vais récupérer le corps en 2384 je serai morte? »; notre conseillère a réponse à tout, elle lui précise « Bah non, le 2 février 2384 c’est dans une semaine ! ».

AltCarb, atelier 2Pour finir petite projection du trailer, d’une fausse pub et de 2 making-of présentant la série « Altered Carbon » : Takeshi Kovacs est un ancien soldat et seul survivant d’un groupe de guerriers d’élite vaincus lors d’un soulèvement contre le nouvel ordre mondial. Son esprit est emprisonné « dans la glace » pendant des siècles, jusqu’à ce que Laurens Bancroft, un homme extrêmement riche et vivant depuis plusieurs siècles lui offre la chance de vivre à nouveau. En échange, Kovacs doit résoudre un meurtre … celui de Bancroft lui-même.

Points positifs de « Altered Carbon Experience » : la réactivité et la répartie des acteurs, le souci des détails dans le décor des corps dans les sacs, l’ambiance, le buzz réussit.

Points négatifs : des problèmes techniques dont des écrans noirs (un coup de Black Mirror produit par un concurrent ?), l’omniprésence du logo Netflix qui retire tout effet de surprise dès le début, ce qui n’était pas le cas lors d’une précédente campagne pour la même série aux Etats-Unis : Netflix avait ouvert un stand de la société « Psychasec », prônant l’immortalité, au fameux salon de la high-tech du CES en mettant même en scène des manifestants appelant au boycott de cette nouvelle boîte !

Ouverture de la boutique parisienne : Tous les jours du 26 janvier au 1er février, de 12h à 20h.

Site internet : https://alteredcarbon-experience.com/

Réactions du public sur Twitter. #ALTCARBFacebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Top 10 Fake 2017 du Musée du Fake !

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En 2017 @tonyschwartz (rédacteur honteux du livre The Art of the Deal de Donald Trump) regrettait sa création du concept « d’exagération honnête » ! Trop tard. Les Fake news ont envahis les internets. D’où le lancement de notre mot d’ordre 2018 #SauvonsLeVraiFake.

Le Fake au bon sens du terme, celui que nous défendons au quotidien en le présentant au Musée dans nos galeries permanentes et nos expositions temporaires : le bon canular, le film à miroirs, le théâtre immersif…

Dans un contexte exceptionnel de « guerre de propagande » entre émetteurs de « #fakenews » et « post-vérités » versus vérificateurs notre équipe a tout de même pu sélectionner 10 « Fake » marquants :

TOP EDUCATION 2017 : L’école par jeux de rôles (Danemark).

Au Danemark, à l’école Osterskov Efterskole on développe des compétences cognitives telles que la collaboration et la communication à travers des jeux de rôle : le futur de l’éducation ?

TOP PARC D’ATTRACTION IMMERSIF 2017 : Pandora (Etats-Unis).

L’ogre Disney a inauguré en mai 2017 Pandora-The World of Avatar, 4,9 hectares dédiés à l’univers du film Avatar, au sein du parc Disney’s Animal Kingdom, Floride. $500 millions pour recréer entre autres la flore de Pandora répondant aux interactions tactiles des visiteurs. Bientôt un autre monde dans le réel : StarWars.

TOP LIVRE 2017 : Le Livre des non-livres (France).

Nous avons eu la chance de pouvoir interview Kliment Nemet, auteur du livre le plus Fake et pas WTF de l’année !

TOP EMISSION TV 2017 : Game of Clones (Royaume-Uni).

Un format pour la chaîne britannique E4 où les candidats dessinent leur idéal féminin ou masculin et l’équipe casting cherche 8 candidat.e.s pile poil identique à la demande ! Sélection artificielle, eugénisme, on est proche de Gattaca !

TOP LARP (JEU GRANDEUR NATURE) 2017 : La Witcher School (Pologne).

Il existe une école de sorceleurs en Pologne ! Interview exclusive d’une ancienne élève sur notre blog.

TOP SPORT FAKE 2017 : le Hobby Horsing (Finlande).

Le hobby horsing est « une nouvelle subculture qui passionne les préadolescentes scandinaves et consiste à faire du saut d’obstacles à califourchon sur un cheval bâton ! » Vidéo ici.

TOP CANULAR 2017 : toute l’oeuvre d’Oobah Butler (agitateur anglais).

Oobah Butler, lutin farceur et journaliste pour Vice UK a inventé un faux restaurant devenu le n.1 en 6 mois sur TripAdvisor Londres, et s’est fait passé pour le créateur d’une marque de jeans qui n’existe pas à la dernière FashionWeekParis. Avant il avait trollé des cercles comme un concours d’inventeurs. On attend son prochain canular !

TOP INNOVATION MUSEE 2017 : New Dimensions in Testimony (Etats-Unis).

À New York, Le Museum of Jewish Heritage de New York permet de discuter virtuellement avec des survivants de la Shoah. Plus de détails ici.

TOP EXPO 2017 : Carte Blanche à Tino Sehgal (France).

La carte blanche offerte à  Tino Sehgal au Palais de Tokyo était LA performance de l’année dans un musée. Aucune affiche, aucun ticket, aucun catalogue, photographies interdites : ne reste que des souvenirs des échanges humains comme Oeuvre.

TOP PIRE CANULAR 2017 : Administration de Taihang (Chine).

 

L’Administration de Taihang où se situe une passerelle en verre dans les monts Taihang (Hebei) à 1180 mètres d’altitude voulait juste promouvoir cette nouvelle « attraction ». Mais le retour de bâton de cette (a priori) vidéo-pub montrant un guide qui s’engage et croit que la passerelle se fissure sous son poids n’a pas été appréciée par les internautes effrayés. Excuses (acceptées ?) sur Weibo, LE réseau social chinois.

A bientôt en 2018 !

Nous sommes très heureux de la fréquentation 2017 du Musée, et de nos audiences sur le net où la consécration est arrivée : @louvrepourtous nous suit désormais 🙂

Très belle année 2018 à vous et à très bientôt sur ce blog, notre FB et Twitter.Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

INTERVIEW EXCLUSIVE : J’ai été élève dans une école de Sorceleurs en Pologne !

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmailINTERVIEW EXCLUSIVE DE NATSUKI, Elève de la Witcher School, école de sorceleurs en Pologne, entre Austenland et Poudlard.

Natsuki
Natuski et le fameux médaillon.

Rendez-vous  a été pris très vite avec Natsuki au retour de sa première session. Savoir qu’elle revenait d’une semaine dans une « école de sorciers » ne pouvait que nous intriguer.

Tout a commencé avec la lecture d’une série de livres, La Saga du Sorceleur de l’auteur polonais Andrzej Sapkowski. « Le Tolkien moderne, le Stephen King polonais ! » s’enthousiasme Natsuki.

L’histoire est construite autour du personnage de Geralt de Riv « un mutant qui, grâce à la magie, un mystérieux élixir et à un long entraînement est devenu un meurtrier parfait. Ses cheveux blancs, ses yeux nyctalopes (qui voit dans la pénombre) et son manteau noir effrayent et fascinent. Il parcourt des contrées pittoresques en gagnant sa vie comme chasseur de monstres. En ces temps obscurs, ogres, goules et vampires pullulent, et les magiciens sont des manipulateurs experts. Contre ces menaces, il faut un tueur à gages à la hauteur. Car Geralt est plus qu’un guerrier ou un mage. C’est un Sorceleur ! ».

Un univers déjà adapté en série TV, en film (aux très mauvaises critiques) en BD, en jeux de plateau et en plusieurs jeux vidéos à succès (25 millions de copies vendues) dont voici quelques images du dernier opus :


(c) CD PROJEKT

La communauté de fans est donc internationale et comme pour toutes franchise s’adonne au fanart ou cosplay. Grâce à Natsuki nous savons qu’il existe aussi un jeu de rôle grandeur nature (ou LARP : Live Action Role-Playing Game) immersif en Pologne plusieurs fois par an : la Witcher School.

Natsuki nous confie : « Au début je croyais que c’était une blague, un événement marketing pour le lancement de DLC (extensions de jeux vidéos), puis je me suis inscrite pour une session en Pologne. Il s’agit d’un GN (jeu grandeur nature) sur 3 jours avec une trame mais sans scénarios trop fermés : toutes les paroles échangées sont improvisées ! »

En marche ! vers les monstres

Tout l’aventure se fait en anglais. Nous recevons après avoir payés environ 370 euros une fiche résumant le personnage que nous allons devoir incarner. Avec ses traits de caractères, motivations, qualités, défauts, et ses quêtes à accomplir.

Mercredi soir. Nous sommes un groupe nombreux : 120 participants (d’Allemagne, Sibérie, Etats-Unis…) qui connaissons tous très bien les livres. Nous nous retrouvons à l’aéroport de Wrocław. Un bus nous emmène à 1h30 de la ville, au château de Moszna Castle (construit au XVIIe sc.). Le contexte est très important nous sommes coupés de notre vie quotidienne, quand nous découvrons le château on a un effet « Wahouuuu » : nous allons rester 3 jours dedans, y manger, dormir, se battre.

Moszna

Environ 30 personnes composent le staff de l’équipe sur place. Nous sommes pris en charge par Bartek. L’organisation peut te prêter un costume, certains participants ont déjà apportés les leurs. Nous partageons notre chambre ou pas. Les 120 participants sont divisés en plusieurs groupes de 10/15 personnes entraînés par un « Master ». Exemple de nom de groupe « Les Phoenix ! ». Un accueil nous résume les règles de vie :

– comment rentrer dans la peau de son personnage,

– le système d’In-game / Off-game (toutes les chambres, escaliers de secours sont des espaces où vous pouvez re-devenir vous-même, espaces de pauses indispensables)

– interdiction au téléphone portable pendant les 3 jours. Les participants acceptent avec plaisir, ce ne serait pas très RP ! (Role Play) ou Fair Play 😉

Le Baptême du feu

Nous partageons un festin avec menus vegan, sans gluten etc. (Les participants ayant d’intenses efforts physiques à faire pas de problème de manque d’alcool visiblement).

Photo : Kamil Nowakowski
Photographie : Kamil Nowakowski

« Dès que je termine ce dernier discours vous êtes dans votre personnage » précise l’animateur Bartek. Au son d’une cornemuse nous rentrons dans le jeu : à partir de cet instant nous sommes notre personnage. Nous avons pu choisir au départ 2 niveaux : un rôle 100% actif demandant beaucoup d’improvisation, ou un rôle moins actif. 

J’ai senti comme un halo au moment où 120 personnes devenaient leurs personnages sans dire un mot !

« Tout le monde dans la forêt ! » crie le Master. C’est le lancement d’une chasse aux monstres qui va durer trois jours.

Photo : Kamil Nowakowski
Photographie : Kamil Nowakowski

Une journée et une nuit à la Witcher School

Comme dans une vrai école les participants ont des cours : « de self-défense, d’écriture et fabrication de potions, d’étiquette, de tir à l’arc, de survie en forêt. La prochaine fois j’aimerai suivre les cours de runes anciennes ! » 

Les professeurs imposent le respect, et d’une certaine manière la « peur ». Pour les petits nouveaux tout démarre avec l’épreuve des herbes.

C’est le soir le plus compliqué ! le scénario s’accélère et ton Master te donne ta quête, par exemple récupérer des os dans le cimetière et combattre. La mise en scène est géniale avec effets de fumées, lumières dans la forêt, monstres. Des acteurs ont dû forcément nous attendre dans le froid… Tu peux choisir de tuer ou pas, coups d’épées (en latex) contre coups de griffes. Si tu meurs tu deviens « spectateur ».

Le Dernier Voeu

Samedi soir, c’est la fin de l’aventure. Tout se termine, une petite fête avec les musiciens qui ont composés la musique du jeu vidéo, danses et cracheurs de feux.

Natuski ne voit qu’un seul défaut dans cette immersion, et ça concerne la richesse de l’univers : Parfois nous ne sommes pas au courant des multiples scénarios  annexes (par exemple les « items » de culture elfique à chercher)…

Pour les joueurs qui reviendront à la prochaine session, nous ferons semblant de nous être entraînés pendant 6 mois. Certains ont de vrais entraînements grâce à des cours d’escrimes, d’autres ont un métier proches de leur personnage : le travail du cuir par ex. Nous restons en contact via des groupes Facebook. On se parle en tant que personnage ou pas forcément. La communauté des anciens élèves rassemble des gens adorables. 

Pour rejoindre Natsuki à une prochaine session :

WS

 

Site de l’école : witcherschool.com/en/home/

Facebook de l’école : WitcherSchool/

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CINEMA « La Rage du Démon » : un documenteur de Fabien Delage

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmailLa Rage du Démon

La sortie d’un documenteur en salles de cinéma est encore un événement trop rare (hors festivals Documenteur ou On Vous Ment !), saluons donc la sortie du film La Rage du Démon de Fabien Delage ce mercredi en France après plusieurs sélections dans de grands festivals.

« Janvier 2012. Un collectionneur organise au Musée Grévin la projection privée d’un film muet que l’on pensait disparu. Le visionnage tourne au cauchemar : vers la fin de la séance, les spectateurs devenus enragés sèment le chaos dans la salle. Les médias relayent peu l’affaire. Pourtant, depuis la fin du XIXe siècle, ce n’est pas la première fois que ce film provoque ce genre d’incident inquiétant, disparaissant systématiquement après avoir été projeté. L’enquête nous emmène sur les traces d’une oeuvre réalisée en 1897, un film rare, fascinant et dangereux : La Rage du Démon, hâtivement attribué au cinéaste Georges Méliès. Découvrez toute la vérité sur le film qui fait trembler le monde du cinéma depuis plus d’un siècle. »

Fabien Delage le réalisateur (par ailleurs photographe et journaliste) a déjà réalisé une série documenteur : Dead Crossroads, saison 1 & 2 sur des maisons hantées, dont le slogan est « Voir c’est croire. » !

En savoir plus :

laragedudemon.com / facebook.com/laragedudemon / hippocampe-productions.comFacebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

EXCLUSIF / Interview de Kliment Nemet pour « Le Livre Des Non-Livres »

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmailLe Livre Des Non-Livres

5 QUESTIONS A… Kliment Nemet

A l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage, Le Livre des Non-Livres aux Editions LeS dOiGtS bLeUs (2016) nous avons pu envoyer cinq questions à Kliment Nemet, auteur. Cet entretien à longue distance est historique quand on connaît sa vie de baroudeur.

« Né il y a une trentaine d’années quelque part entre l’enfer et Long Island, Kliment Nemet trotte le globe a la poursuite de belles images, de bons jeux de mots et du bonheur. Après plusieurs années passées dans le milieu de l’édition, il a écrit ce livre des non-livres regroupant des couvertures et critiques de livres qui existent presque. Toute ressemblance avec des ouvrages existants est regrettable mais probable. »

1) « Né quelque part entre l’enfer et Long Island », « Vu dans une maison de thé russe à Coney Island »… êtes-vous un globe-trotter new-yorkais ?

C’est marrant que tu m’poses cette question. Au départ j’étais juste un paumé qui avait pris le large. Petit à petit, j’me suis tassé, décanté, accepté. J’suis devenu un new-yorkais en vadrouille. Un gentleman-voyageur. Un trotteur de globe. C’est moins extraordinaire mais c’est plus agréable. J’aime bien quand mon yin me frotte le yang. Ralex dit que j’me suis embourgeoisé, ça fait mal de l’accepter mais c’est peut-être ça. Maintenant j’utilise le même sachet de thé une seule fois, je m’autorise à regarder toutes les pages des magazines, même les plus chères, je discute sans compter les heures, je dis que j’viens de New York alors que j’y suis arrivé à l’âge de deux ans. Bref oui, ça y est, maintenant je suis un globe-trotter new-yorkais.

SolitudesFriscology

2) On vous connaissait pour vos albums photographiques (Solitudes et Friscology), vous nous offrez pour Noël 2016 ce Livre des non-livres, comment peut-on encore vous croire ?

Je ne sais pas. Je ne me crois pas souvent moi non plus. Tu sais je suis né à Long Island, c’est-à-dire au beau milieu d’un mensonge, donc comment pourrais-je transpirer la vérité ? Long Island n’est pas une île, c’est juste un nom, il est grand temps que les gens le sachent. C’est comme si je m’appelais Georges le sadique et que je n’étais même pas cruel. Tu me demandes comment on peut encore me croire, moi j’aimerais savoir pourquoi on a tant besoin de croire. L’autre type disait « je pense, donc je suis », moi j’ai envie de dire « j’me fous que tu suives, par contre dis-moi à quoi tu penses baby, ça ça m’intéresse! ».

3) Ecrire un « Livre des non-livres » pour un personnage de fiction c’est le comble ?

Non, le comble c’est d’être un crayon à papier et d’avoir mauvaise mine. Je suis plutôt content d’avoir écrit ce livre. Ca m’a permis de rencontrer des gens choubidou comme toi. Tu fais quoi après l’interview ?

Extrait du « Le livre des non-livres » pp 14-15.

4) « Ce millimètre entre la réalité et la fiction, il faut tout faire pour le cultiver, l’étirer, l’agrandir » c’est exactement l’ambition du Musée du Fake ! Vous venez quand à Tianducheng ?

J’ai pris rendez-vous pour mercredi en huit. J’espère qu’ils aiment les sablés parce que j’en ai acheté une grande boîte. Je trouve cette ville magnifique, sur le papier en tout cas. Je me demande s’il s’agit juste d’un nuage dans un pantalon, ou si derrière les façades il y a des murs, des portes, des secrets. Je me demande si cette ville a des tatouages, des cicatrices. Je me demande à quoi elle pense le soir.

5) Votre motto est « It doesn’t matter much what you look at but when you look what you see ». On a affiché cette phrase à la cantine des employés du Musée du Fake tous ne comprennent pas ! Vous nous expliquez ?

Ce qui compte ce n’est pas ce qu’on regarde mais comment on le regarde. Si tu regardes la lune avec tristesse, tu verras une lune triste, si tu la regardes avec joie, tu la verras joyeuse. Il y a tellement de gens qui se demandent ce qu’il faut faire, ce qu’il faut être, alors que la vraie question est comment. Je ne suis peut-être qu’un personnage de fiction, mais j’ai fait frissonner plus d’un cantinier dans ma jeunesse et là aussi, tout était dans le comment.

Le livre sur le site de l’éditeur.
Ses précédents livres de photographies : Solitudes et Friscology.
Kliment around the world, le carnet blog de l’auteur, traduit par Ulrika Spiess.

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EXCLUSIF / L’Arroseur arrosé : la vidéo arnaque de SyFy!

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmailLa chaîne de télévision SyFy France lance une nouvelle série The Magicians sur une bande d’amis qui suivent des études à « Brakebills, une école secrète qui forme les futurs magiciens« .

The Magicians SyFy

Pour promouvoir ce nouveau programme, SyFy France et son agence de publicité BETC ont produit une vidéo intitulée « Une bonne leçon aux arnaqueurs de rue à Paris – The Magicians sur Syfy ». Par arnaqueurs il faut comprendre les pros du bonneteau, jeu de pari truqué (recherche d’une petite boule sous trois gobelets). Pratique illégale en France, existante depuis au moins le XVe siècle comme en témoigne ce tableau de Jérôme Bosch (repérez les complices) :

L'Escamoteur, de Jérôme Bosch
L’Escamoteur, de Jérôme Bosch

Revenons à la vidéo que vous pouvez voir ci-dessous :

Le descriptif en est :

« Qui n’a jamais voulu donner une bonne leçon aux arnaqueurs de rue? Syfy l’a fait pour vous. Il était temps que ces pseudos magiciens soient menés à la baguette par une vraie magicienne. En caméra embarquée, Syfy est allée piéger ces escrocs. »

Cette vidéo n’est pas la bande-annonce de la série qu’elle promeut ce qui semble être déjà difficile à suivre pour de nombreux internautes, et c’est surtout un beau Fake :

– découpage de l’action laissant supposer plusieurs prises (panneaux de verres qui apparaissent d’un coup à 1:24),

– erreur sur le floutage du complice à la chemise à fleur : il apparaît face visible (0:05 & 0:50), puis flouté (0:08)… idem pour la femme à la queue de cheval (floutée à 0:59 ou pas 1:23) …

– aucune image de l’arrivée de la « police » qui aurait pu être floutée comme le reste… En arrêt sur image on s’aperçoit qu’il s’agit de 2 policiers à vélo filmés de dos visiblement sans aucun rapport avec l’action (1:32) …

– (SPOILER) clin d’oeil au film Insaisissables 2.

Surtout une annonce de figuration payante pour le tournage est toujours en-ligne !!! On peut y lire : « Nous allons mettre en scène des jeux de rues (jeux de magie avec un magicien et ses hommes de mains)Nous recherchons des figurants de tout âge et de toute origine qui auront un rôle de spectateur, qui viendront observer les tours réalisés et y participeront« . CQFD.

Merci à la magicienne, « Caroline » d’après un commentaire d’un internaute, de nous contacter pour confirmer cela.

Annonce de casting
Annonce de casting toujours en ligne le 30/09/2016.

Etrangement tous les sites qui évoquent cette vidéo (dont un journaliste people) reprennent visiblement le même communiqué sans remettre en cause le principe de mise en scène. Surtout ce communiqué (de presse ?) est mal rédigé :

Sur « transhumaniste.fr »  on lit « La chaîne précise qu’aucune post-production n’a été utilisée pour déstabiliser l’escroc, qui s’est rapidement retrouvé impuissant et pris à son propre jeu face aux pouvoirs surnaturels de la magicienne. »

La post-production étant le travail de montage, d’étalonnage (colorimétrie) et d’ajouts d’effets spéciaux après un tournage, cela n’a aucun rapport pour « déstabiliser un escroc » en direct. Comment l’une des plus grandes agences de pub françaises a pu laisser passer cette erreur ?

Bientôt 600000 vues en une semaine sur YouTube c’est bien, pas de pubs dessus -pour plus de crédibilité ?- c’est rare. Mais peut-être à prévoir un effet boomerang ? La Magie n’est plus un jeu.

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03/10/2016: On nous signale que 50 euros en temps de crise est « aussi un montant étrange pour une arnaque de ce type« . Un ami d’une victime nous confirme ce montant réclamé par les vrais arnaqueurs de rue.Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail