Museum Expressions : Focus sur ArsusPaper, reproducteur d’oeuvres & Tempo, jeu audio immersif

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Le Museum Expressions, Salon de l’Objet du Marketing Culturel, s’est tenu les 21 et 22 janvier à Paris. De nombreuses rencontres et stands intéressants. Focus sur deux sociétés.

Museum Expressions

Logo ArsusArsus Paper Barcelona, restaurateur d’art à l’échelle 1:1

Toutânkhamon
Réplique du tombeau de Toutânkhamon.

Cette entreprise basée à Barcelone développe une technologie de reproduction d’oeuvres d’art à l’échelle 1:1. Ceci afin de :
– protéger et restaurer les originaux,
– préserver les oeuvres du flux de touristes,
– que les conservateurs payent moins cher les assurances des monuments,
et enfin faire voyager des répliques. (Il existe 4 versions de la grotte de Lascaux).

Pour fabriquer un fac-similé ArsusPaper réalise un scan digital de l’oeuvre/du monument pour reproduire la taille exacte des volumes, callibre les pigments d’encre pour imprimer sur du papier breveté, le Papelgel, qui sera collé sur un support léger comme le polystyrène. Ensuite la structure est placée au-dessus de l’oeuvre originale.

Papelgel 1Papelgel 2Papelgel 3

« Cette technologie fonctionne bien avec l’art rupestre ou pariétal » nous précise le créateur de cette technique. Ainsi l’entreprise a travaillé sur la grotte Chauvet, Lascaux, pour un centre espagnol présentant 21 répliques d’art paléolithique Koben Koba.

http://www.arsuspaper.com/index.php?lang=en

###

Tempo, jeu audio géolocalisé

Tempo

Tempo est un jeu audio géolocalisé de médiation culturelle, « rencontre unique entre promenade sonore, chasse au trésor et jeu vidéo ». Avec ce jeu en son 3D binaural l’audio-guide classique est devenu un dinosaure. Vous pouvez vous déplacer au bon endroit, écouter, explorer, en intérieur comme en extérieur. Ci-dessous une maquette du premier épisode Enquête à l’hospice d’Havré jouable à Tourcoing.

Tempo est une déclinaison de Skyzo, un jeu audio urbain transmédia en cours de fabrication.

http://tempo-lejeuaudio.com/

Sound-a-Like la société qui édite ce jeu présentait aussi MuseoSound, un concept inédit en réalité augmentée et en immersion sonore 3D. En photographiant un tableau, comme pour un QRCode, vous pouvez entendre un narrateur et des effets sonores. Exemple avec Le Radeau de La Méduse de Théodore Géricault.

###

Mention spéciale pour le stand d’ Unemployed Philosophers Guild

Unemployed Philosophers Guild

et le Mammouth plus vrai que nature d’ Anima qui veille sur les allées du Salon :

Mammouth

A suivre, un compte-rendu d’ innovations muséales digitales de Muséum Connections.

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

A la recherche des « Cités obscures »

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Ortelius Mercator, Directeur du Département Cartographie du Musée du Fake nous signale la mise en ligne de deux voyages sonores entre réalité et fiction, basés sur la série de bandes dessinées Les Cités obscures de Benoît Peeters et François Schuiten.

cites_obscures

Première étape du voyage sur France Culture : « A la recherche des Cités obscures, passage entre deux mondes. » (58′).

Catherine Liber, productrice à France Culture raconte :

« En 1983, les explorateurs Benoît Peeters et François Schuiten reviennent sains et saufs d’une expédition à travers le continent des Cités Obscures. Ce monde lointain et relativement inaccessible, ils nous le décrivent d’abord comme un reflet décalé de la Terre. Un monde où les villes représentent la forme ultime d’organisation sociale. Un monde radicalement urbain, avide de connaissance, de mobilité et de progrès, mais cependant préservé des excès de la technologie moderne. Malgré l’évidente véracité de leurs observations de terrain, malgré la profusion de notes et de croquis qu’ils brandissent comme preuves, peu de gens prennent encore au sérieux leur aventure. Obsédés par des souvenirs extrêmement vivaces, déterminés à jeter toute la lumière sur ces cités obscures, ces deux hommes ont accepté de nous emmener sur les traces de leur voyage, à Paris et à Bruxelles…

Pour aller plus loin, pour vérifier les rumeurs et étayer les preuves, nous avons aussi consulté un écrivain insulaire, un géographe illuminé, un musicien connecté au monde parallèle et un explorateur ésotérique. Ouverts aux possibles et à l’imaginaire, munis d’une carte que nous avons retrouvée dans les archives de l’IGN, nous sommes partis à la recherche des passages entre notre monde et l’autre monde. Ces univers sont-ils l’un sur l’autre ? Pour le savoir, nous avons emprunté des escaliers, des trappes, des tunnels. Sont-ils au contraire presque juxtaposés, accessibles grâce à un simple “pas de côté” ? Suivant cette piste là, nous avons alors expérimenté des trompes l’œil, des zones blanches et des obscurités, des mirages acoustiques et des évidences trompeuses. Au fil de ces rencontres étranges, nous avons cru approcher “Brüsel”, “Urbicande”, “Samaris”. Et le sentiment, prégnant, de toucher du doigt les rivages d’un continent pas si lointain. Alors, peut-être sommes nous réellement passés ? Mais peut être n’en était-ce que l’écho… »

Maquette de la ville de Brüsel, par Benoît Peeters & François Schuiten.

Puis seconde étape, toujours via France Culture : « Voyage au coeur de la carte » (58′).

« Le continent des Cités obscures est-il accessible par des moyens normaux ? Où trouver un passage vers ce territoire encore méconnu ? Comment une équipe de tournage radiophonique pourrait-elle en rapporter des enregistrements fiables et crédibles ?

Confrontés à des impasses et trop de fausses pistes, nous avons remisé nos bagages et décidé de plonger au cœur de la carte des Cités Obscures. Un document rare et précieux, conservé dans les réserves secrètes de la cartothèque de l’Institut géographique national, quelque part entre les plans du savant hollandais Ortelius et les astrolabes arabes.
Sur le papier, les noms des villes résonnent comme autant de sésames vers un autre réel. « Calvani », ville horticole et miroitante, nous a délivré des leçons de sagesse écologique. « Alaxis », ville des plaisirs hédonistes, nous a paradoxalement permis de découvrir le destin tragique de Mary Von Rathen, un des plus illustres citoyennes obscures. Plus loin, après avoir traversé le désert des Sommonites à bord de véhicules hétéroclites, nous avons pris connaissance des évènements dramatiques qui ont bouleversés la grande cité d’ « Urbicande ». Suivant les conseils de voyageurs avisés, nous avons collecté des récits sur « Samaris », la ville-leurre, la ville orientale et carnivore, endroit fascinant et traitre posé sur l’équateur obscur, au bord de la Mer des Silences.

Au fur et à mesure de notre équipée au cœur de la carte, des figures fortes accompagnaient nos ahurissements : l’inventeur Axel Wappendorf, l’urbatecte Eugène Robick, l’officier Frantz Bauer, les autochtones à visage plat de la jungle septentrionale. Mais nous n’avons pas vraiment pu entrer en contact avec eux, incertains de nous même, troublés par les reflets du miroir qui éclaire ce monde.

Ce séjour imaginé dans les villes-mondes des cités obscures fut presque toujours troublant. Jusqu’à en perdre tous repères, jusqu’à se demander s’il ne suffit pas d’y croire, pour recevoir un jour un message, un signal, une preuve. C’est ce qui nous est finalement arrivé, par l’intermédiaire d’une lettre. Bon voyage… »

revoir_Paris

Signalons aussi l’exposition actuellement à la Cité de l’Architecture & du patrimoineRevoir Paris, des mêmes deux explorateurs urbains :

exposition

Exposition temporaire « Revoir Paris » du 20 nov 2014 au 9 mars 2015.

Si comme nous vous aimez les cartes, faites un tour sur notre fameuse « Carte du Fake » et zoomez pour constater que le Fake est déjà autour de nous partout dans le monde.

 

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Une chimère au Muséum d’histoire naturelle de Nantes !

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

 Au Muséeum d’histoire naturelle de Nantes

Muséeum Nantes

Au sein de l’exposition temporaire Parce Queue

Parce Queue, l'affiche de l'expo.

Dans la « Galerie des Personnages de légendes » …

Salle d'exposition

… nous pouvons admirer une Chimère !!! :

Chimere

Chimère (détail)

Voici le détail du cartel (ATTENTION SPOILER / DIVULGATION ) :

[ Chimère ]

Animal mythique décrit depuis l’antiquité, c’est un hybride composé d’une tête de lion, d’un corps de chèvre et d’une queue de serpent. Dès le 16ème siècle, les reconstitutions de chimères apparaissent dans les cabinets de curiosités. Elles sont réalisées par l’assemblage d’animaux différents ou, comme ici, par découpage et séchage d’une raie bouclée. Les visiteurs ignorants pouvaient croire à un vrai monstre marin dotée d’une queue impressionnante.

Création du Muséeum d’histoire naturelle de Nantes, d’après illustration de John Johnston.

Site du Muséeum : http://www.museum.nantes.fr/

Site de l’expo : http://www.expo-parcequeue.fr/visite.html

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

FILM : Un illustre inconnu

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Un illustre inconnu

Un illustre inconnu
film de Matthieu Delaporte (2014).
Avec Mathieu Kassovitz, Marie-Josée Croze

Sébastien Nicolas a toujours rêvé d’être quelqu’un d’autre. Mais il n’a jamais eu d’imagination. Alors il copie. Il observe, suit puis imite les gens qu’il rencontre. Il traverse leurs vies. Mais certains voyages sont sans retour.

http://www.pathefilms.com/film/unillustreinconnu
https://fr-fr.facebook.com/UnIllustreInconnu

Pour la sortie du film, le distributeur aurait emprunté l’identité de 40 journalistes pour les inviter à visionner la bande-annonce :

Challenges précise : « L’agence de social TV Darewin s’est ainsi permis d’emprunter, à leur insu, l’identité de 40 journalistes de la blogosphère en créant des fausses pages Facebook à leurs noms. Au final, ce sont 772 yeux de Mathieu Kassovitz qui ont été intégrés dans 386 photos retouchées et 1 187 secondes de vidéos personnalisées cumulées enregistrées par Mathieu Kassovitz.Cette campagne choc a touché plus de 6 millions de personnes en une semaine. Plusieurs articles ont mentionné l’audace de cette campagne à la limite de la légalité mais l’agence a – semble-t-il – réussi son coup en créant une certaine agitation autour du film. »

A Paris nous pouvons voir l’affiche du film devant le trompe-l’oeil de l’hôtel du Lutétia, belle mise en abyme !

Un illustre inconnu

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

« Le bénéfice du doute » du collectif_fact

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

collectif_fact

Le collectif_fact conçoit des vidéos qui s’inspirent des codes et du langage cinématographique, à partir d’images qu’ils filment le plus souvent dans des lieux publics. Par un sens aigu du montage et de la juxtaposition entre les images et la bande son, ils créent des fictions surprenantes à partir de situations apparemment banales.

« Ils s’intéressent particulièrement aux répétitions du quotidien, aux stéréotypes et aux clichés qui imprègnent notre culture populaire et travaillent principalement sur les aspects du (anti)spectacle, des simulacres et de l’appropriation. Ils encouragent le spectateur à une réflexion critique sur les habitudes qui conditionnent nos perceptions de la réalité. »

Au Centre culturel suisse à Paris, le duo présente deux vidéos Hitchcock presents (2010) et The Fixer (2013), qui mettent en jeu les architectures marquantes des lieux de tournage, respectivement la Maison Blanche de Le Corbusier à La Chaux-de-Fonds et le Barbican de Chamberlin, Powell & Bon à Londres.

Hitchcock presents, 2010, vidéo HD, 6’26’’ :

En 1960, Alfred Hitchcock réalisa, pour la sortie de Psychose, une bande-annonce tournée dans les décors de son film où il présentait lui-même l’intrigue. Réutilisant ce son originel, la vidéo Hitchcock presents propose une visite de la Maison blanche de Le Corbusier par le maître du suspense. En s’appropriant l’ambiance de la maison de la mère de Norman Bates pour l’affecter à la Maison blanche, le collectif_fact plonge celle-ci dans l’univers fictionnel des thrillers. Ainsi, grâce à cette visite guidée par Alfred Hitchcock, la Maison blanche tient ici le premier rôle empreint d’intrigues et de suspense, et devient le décor d’un scénario à sensation.

The Fixer, 2013, vidéo HD, 8’24’’ :

La vidéo intitulée The Fixer montre un script doctor, personne à qui l’on fait appel pour améliorer un scénario en supprimant parfois des personnages ou des scènes, qui parle de son travail comme s’il s’agissait de celui d’un tueur à gages. A cette voix sont ajoutées des photographies de personnes qui fréquentent régulièrement le Barbican, centre d’art pluridisciplinaire à Londres. Ces visiteurs deviennent tantôt des acteurs de scènes effacées, tantôt les victimes du tueur.

Entrée libre jusqu’au 14 octobre 2014 : Centre Culturel Suisse de Paris.

Diaporama de l’exposition.

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

La Fascination des Sirènes de Fredi Casco

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Fredi Casco

Né en 1967 au Paraguay, Fredi Casco vit à Asunción.

« Son travail interroge le pouvoir des médias et compare l’importance historique de la culture officielle avec celle de la culture populaire et indigène. Par l’analyse de l’apparente transparence et neutralité de la télévision et de la presse papier, il révèle certaines stratégies médiatiques à l’oeuvre dans le système post-colonial en place au Paraguay. »

La Maison de l’Amérique latine de Paris présente « La Fascination des Sirènes », une exposition monographique à caractère rétrospectif jusqu’au 23 septembre 2014.

Le titre de l’exposition vient d’un extrait d’un texte du sémiologue Roland Barthes :

L’essence de l’image est d’être toute dehors, sans intimité, et cependant plus inaccessible et mystérieuse que la pensée du for intérieur ; sans signification, mais appelant la profondeur de tout sens possible ; irrévélée et pourtant manifeste, ayant cette présence-absence qui fait l’attrait et la fascination des Sirènes.

Roland Barthes, La Chambre Claire, Ed. de l’Etoile, 1980

Expo Fredi Casco - 1

Expo Fredi Casco - 2

Expo Fredi Casco - 3

Expo Fredi Casco - 4

Site : http://mal217.org/ai1ec_event/fredi-casco/

Diaporama : http://mal217.org/wp-content/uploads/2014/06/Fredi-Casco-diaporama.pdf

Autres photos de Fredi Casco : http://www.myop.fr/fr/photographe/fredi-casco

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

The Double/Enemy : on voit double !

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Le Double

Le Double, (The Double)
film de Richard Ayoade (2013).
Avec Jesse Eisenberg, Mia Wasikowska

Garçon timide, Simon vit en reclus dans un monde qui ne lui témoigne qu’indifférence. Ignoré au travail, méprisé par sa mère et rejeté par la femme de ses rêves, il se sent incapable de prendre son existence en main. L’arrivée d’un nouveau collègue, James, va bouleverser les choses, car ce dernier est à la fois le parfait sosie de Simon et son exact contraire : sûr de lui, charismatique et doué avec les femmes. Cette rencontre amène James à prendre peu à peu le contrôle de la vie de Simon…

***

Enemy

Enemy
film de Denis Villeneuve (2013).
Avec Jake Gyllenhaal, Sarah Gadon, Mélanie Laurent

Adam, un professeur discret, mène une vie paisible avec sa fiancée Mary. Un jour qu’il découvre son sosie parfait en la personne d’Anthony, un acteur fantasque, il ressent un trouble profond. Il commence alors à observer à distance la vie de cet homme et de sa mystérieuse femme enceinte. Puis Adam se met à imaginer les plus stupéfiants scénarios… pour lui et pour son propre couple.

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

EXPOSITION / Tiki Pop : l’Amérique rêve son paradis polynésien

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Affiche Tiki Pop

Pour vous mettre dans l’ambiance mettez cette playlist en fond sonore : http://www.deezer.com/playlist/901284295

Le Musée du Quai Branly (Paris) propose l’exposition Tiki Pop, l’Amérique rêve son paradis polynésien.

Qu’est-donc qu’un « Tiki » ? « Une figure mi-humaine, mi divinité. Il serait le premier humain et aurait créé les hommes. Il est considéré comme un esprit protecteur. On en trouve à Tahiti (sous le nom de ti’i) et en Nouvelle-Zélande, mais leur statut y est plus flou. »

L’expo du Musée du quai Branly raconte la fascination pour les îles du Pacifique (« le Paradis des Mers du sud »), ainsi que la création d’un mythe absorbé par la culture « pop » -populaire- américaine au lendemain de la seconde guerre mondiale.

expo2

L’exposition au design en parfaite adéquation avec sa thématique rassemble plusieurs centaines d’objets qui raconte comment dans la société puritaine des fifties a pu naître un mouvement populaire et artistique. Tout d’abord sur la côte Ouest puis Est jusqu’en Floride dans les années 60.

Vous pouvez découvrir dans cette exposition des livres, affiches de cinéma, photographies, maquettes, extraits de films, objets provenant de bars à cocktails, restaurants, motels, parc d’attractions … collectés par des « archéologues urbains ».

La société de décoration d’intérieur Cheeky Tiki  a même reconstitué un bar paillote tiki où ne manquent que les cocktails (tous à base de Rhum alors que cet alcool est originaire des Antilles pas de Hawaï !).

Bar TikiPop

En parcourant Tiki Pop on comprend mieux la construction des images stéréotypées du Pacifique : la vahiné tahitienne (soi-disant qui s’offre aux marins, fantasme des premiers explorateurs), les palmiers, les îles, les huttes, les instruments comme le ukulélé, les fruits exotiques, et surtout les idoles (les fameux tikis en bois). On y découvre de nombreux extraits de livres et films à re-découvrir. Enfin on y apprend pourquoi la génération des années 60 à remis en question le tiki style jugé néocolonial, sexiste et raciste. Dans les années 1980 la plupart des bâtiments n’existent plus, restent les bars comme les deux TongaHut en Californie ou plus récent le Tiki Lounge à Paris !

Site du Quai Branly

FB géré par le commissaire de l’exposition & archéologue urbain Sven Kirsten

Le catalogue de l’expo chez Taschen

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Tativille ou l’incroyable décor du film « PlayTime » de Jacques Tati

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Affiche PlaytimePLAYTIME
Film de Jacques Tati (1964-1967)

Un groupe de touristes américains débarque à Paris pour visiter la capitale. Pendant ce temps, M. Hulot se rend dans les bureaux d’une grande entreprise pour y passer un entretien, mais finit par se perdre dans l’immensité du bâtiment. Au gré de ses déambulations et de ses rencontres, M. Hulot va se trouver embarqué dans ce Paris ultramoderne où sa route croisera immanquablement celle des Américaines…

A la première vision de PlayTime on se demande où donc a bien pu être tourné le film. A Paris ? Non, plutôt en banlieue, sûrement à la Défense, le quartier des grands immeuble de bureaux. Indice : la tour Initiale qui ressemble le plus à celles du film date de 1966, le tournage ayant commencé en 1964 c’est donc une fausse piste.

En fait, en lisant le livre « PlayTime » de François Ede & Stéphane Goudet on découvre avec étonnement qu’une véritable ville-studio a été construite sur le plateau de Gravelle à Joinville. C’est-à-dire, à l’époque, tout près des Studios de Saint-Maurice (spécialisés dans le tournages de films en versions étrangères avant que le doublage n’existe) et pas loin des Studios de Joinville.

Tativille : Tour Eiffel

Jacques Tati souhaitait initialement tourner dans de gigantesques décors réels.

« Beaucoup de lieux sont visités pendant la longue période de repérage, notamment l’aéroport Arlanda de Stockholm, les usines allemandes Siemens et AFG et certains lieux considérés comme futuristes à Berlin, Bruxelles, Cologne, Genève, etc. S’ils viennent nourrir sa réflexion, Tati jette son dévolu sur l’aéroport d’Orly, dont la construction et l’inauguration par Charles de Gaulle le 24 février 1961 ont marqué les esprits. « Nous nous sommes rendu compte, en demandant les autorisations de tournage, qu’on pouvait bien aller à Orly pour tourner quelques plans, mais qu’il n’était nullement question d’y tourner toute une séquence, car on ne peut pas arrêter le trafic aérien pendant des semaines sous prétexte que Tati a décidé de faire un film. » Après avoir refusé plusieurs propositions, comme celle de tirer parti de la construction du futur quartier de la Défense, aux portes de Paris, Tati se résout à créer ses propres studios, d’une ampleur encore jamais vue, rapidement baptisés « Tativille » par les journalistes. »

La construction de « Tativille »

« Pensée par Tati et dessinée par l’architecte Eugène Roman, « Tativille » jaillit d’un terrain vague de quelque 15 000 m2 situé à Joinville-le-Pont, dans les bois de Vincennes, à l’extrémité est du plateau de Gravelle, (ex-camp des Canadiens) entre septembre 1964 et janvier 1965. Cette ville-studio est aussi bien équipée que certaines villes nouvelles avec ses 50 000 m2 de béton, ses 4 000 m2 de plastique, ses 12 000 m2 de glace, ses rues bitumées, ses escaliers roulants, son drugstore et ses deux centrales électriques, dont la puissance énergétique cumulée pourrait alimenter une communauté urbaine de quinze mille habitants. Les bureaux de production du film et un studio de développement photochimique s’installent en périphérie de ce grand terrain de jeu bardé de rails et de façades d’immeubles montées sur roulettes. Un parc automobile de 500 places et une aérogare complètent la ville-studio qui accueille une centaine d’ouvriers pendant les cinq mois intenses de construction, période pendant laquelle Tati poursuit en parallèle ses essais de mise en scène. Des délégations venues du monde entier se déplacent pour visiter ce studio modèle, et le couturier Jacques Esterel y présente sa collection de printemps en 1966. »TativilleVive les trompe-l’oeil !

Trompe l'oeil« Parmi les nombreux personnages essaimés dans les plans larges de PlayTime, Tati glisse également des dizaines de silhouettes en carton grandeur nature, en fait des agrandissements de figurants photographiés. L’illusion n’est volontairement pas parfaite et reste une des trouvailles visuelles très fortes de PlayTime, ajoutant la confusion recherchée par Tati dans la multitude de détails dans le décor. »

La destruction de la ville !

« Les décors de « Tativille » s’avèrent extrêmement difficiles à manoeuvrer et la manipulation des lourds et fragiles panneaux en verre reste problématique tout au long du tournage. Comme les murs métalliques du décor risquent de renvoyer la lumière des projecteurs, Tati utilise des agrandissements de ces mêmes murs photographiés. Après plusieurs mois de retard, le tournage commence le 12 octobre 1964 dans le Orly tout juste reconstitué de Tati et s’interrompt presque immédiatement à cause d’une violente tempête qui endommage de nombreux éléments. Le tournage reprend en mars 1965 et se prolonge de façon sporadique, interrompu pendant l’été 1965 par de sévères perturbations météorologiques, puis par des soucis budgétaires récurrents. La production s’essouffle, menacée par les saisies ; elle est même parfois dans l’impossibilité de verser les salaires. Tati a pourtant anticipé une pratique qui se généralise ensuite en France à l’instar des États-Unis : le placement de produits. Il s’assure de l’apport en nature de grandes marques et reçoit pour son tournage des dizaines de voitures Simca 1500 du même gris, des centaines de paires de bas Vitos, des comptoirs de supermarchés Prisunic, des charriots métalliques Inno, des bouteilles de champagne Moët et Chandon en plus de constructions de stations-service et autres stands d’exposition. Ces parrainages commerciaux, non négligeables, ne couvrent pourtant pas plus de 10 % du coût de tournage ! Prévu à 2,5 millions de francs, le budget de PlayTime passe de 6 millions en 1964 à plus de 15 millions en 1967.  Le tournage s’achève en septembre 1967, date à laquelle le décor est détruit malgré les demandes renouvelées de Tati auprès d’André Malraux, ministre de la Culture, pour en faire un studio de travail pour d’autres réalisateurs et étudiants en cinéma. » (Entre autres à cause de l’extension de la bretelle de l’autoroute A4). D’après la légende le cinéaste aurait jeté son scénario sous l’un des immeubles qui s’effondrait !

Playtime : les décors

A VOIR / A LIRE

Site officiel (avec nombreuses photographies du chantier)
Analyse du blog « (e)space et fiction »
Analyse pédagogique

George Kaplan (Cinémathèque du Musée du Fake).

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

La mémoire peut construire de faux souvenirs !

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Elizabeth Loftus, professeur de psychologie californienne, étudie la mémoire, et plus précisément la construction de « faux souvenirs ».

La police qui enquête sur un crime demande aux victimes de reconnaître le présumé coupable parmi un choix de profils. Selon Elizabeth Loftus, aux Etats-Unis, sur 300 innocents enfermés durant des années en prison les 3/4 le sont à cause des « faux souvenirs » de témoins oculaires.

Dans le cadre de son travail expérimental, des « témoins » de simulations d’accidents inventaient des détails qui n’existaient pas uniquement à cause des mots utilisés dans les questions. Le témoignage est donc malléable, surtout quand il est soumis à une pression stressante.

Des militaires, qui furent interrogés de manière très brutale lors d’un exercice, ne reconnaissaient pas leur interrogateur. Ils pensaient même que c’était quelqu’un ne lui ressemblant pas du tout physiquement.

Elizabeth Loftus s’est interrogé sur les déviances de certaines séances de psychothérapie (hypnose, mauvaises interprétations de rêves…). Pour ses recherches elle a implanté de faux souvenirs de traumatismes de l’enfance sur des sujets adultes, et s’est interrogé sur le droit de corriger de mauvaises habitudes alimentaires grâce à cette technique. Ce qui lui a valu de très nombreuses critiques.

« La mémoire, comme la liberté, est chose fragile ».

http://www.ted.com/talks/elizabeth_loftus_the_fiction_of_memory
http://en.wikipedia.org/wiki/Elizabeth_Loftus

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail